dimanche 31 janvier 2010

Sur une toile de Céleste Bergin




Que ce soit avec Lali ou Armando, j'adore cet exercice. 
Je regarde le tableau et l'histoire vient. 
Et là, c'est chez Lali que l'inspiration est venue.

Je vais partir.
Je vais parti d'ici, de ce trou de rats. J'ai décidé de m'en sortir. Je vais partir seule, sans un regret pour personne et surtout pas pour Paul. Il a bousillé ma jeunesse, Paul. Il me disait qu'il m'aimait et je le croyais, il m'a eu, il m'a tout pris : mon innocence, mon amour, ma jeunesse et maintenant il veut que je tapine pour lui. Je vais partir, je suis là à lire le journal, je n'étais pas bête, alors il n'y pas de raison que je le sois devenue. Je vais partir pour construire mon avenir, trouver un travail honnête et réapprendre à vivre. Je l'attends là, accoudée au comptoir du bistrot, je réfléchis malgré le bruit autour de moi, je vais l'amadouer pour ce soir, dire que je suis malade et que je vais rentrer chez mes vieux. Je vais faire vraiment la malade, sinon il comprendrait pas que j'aille chez eux, vu comment ils me tabassent. Je vais y aller en vitesse avant qu'ils ne soient complètement saouls. Je me glisserai dans la remise pour me cacher, je prendrai une veste et un pain et puis à la nuit je sortirai par la porte de derrière, celle qui donne sur le chemin de Lestrade, je vais le longer jusqu'à la rivière, je la traverserai, elle n'est pas bien haute en cette saison, puis je sais que j'ai trois bons kilomètres à faire avant d'arriver à Lanteuil, j'irai à la gare, le premier train pour Brive-la-Gaillarde est à 6 h 30, je le prendrai, ensuite j'attendrai la correspondance pour Limoges. Là j'irai voir Suzon, elle travaille à la Manufacture Royale, dans sa dernière lettre elle disait qu'ils cherchaient du personnel soigneux. Je le suis soigneuse, ou bien j'ai tellement envie de le devenir que je vais l'être, je vais être un modèle de soin parce que je vais partir. Je vais partir ce soir et pour toujours. C'est mon dernier soir ici, il faut que je me concentre : ne pas faire d'impair et jouer la comédie, ne pas me trahir. Pour une fois, c'est moi qui décide !


Un cadeau à déguster - 3

  

  
Dernière sélection de mon cadeau : L'anthologie de la poésie française du XXe Siècle aux éditions Gallimard.
J'avais choisi trois petits poèmes dont un de Michel Deguy, puis ce matin je suis tombée sur celui-ci de Anne Perrier.





Lorsque la mort viendra
Je voudrais que ce soit comme aujourd'hui
Un grand soir droit laiteux et immobile
Et surtout je voudrais
Que tout se tienne bien tranquille
Pour que j'entende
Un dernière fois respirer cette terre
Pendant que doucement s'écarteront de moi
Mes mains aimées 
Qui m'attachent au monde


Œuvres poétiques 1952-1994

La mort de quelqu'un nous interpelle sur notre propre fin. Moi aussi je voudrais entendre une dernière fois respirer la terre avant de mourir, ainsi je me dirai "je suis vivante jusqu'au bout".

samedi 30 janvier 2010

Dernière représentation



Les murs à peine éclairés par les vitraux gris de la pluie, l'église se remplit. Nous sommes alignés pour ce dernier hommage. Tristesse de l'instant, chagrin pour certains, voire désespoir pour d'autres. Qui que nous soyons, nous portons en nous cette mort que nous accompagnons. La mort d'aujourd'hui nous rappellent ceux et celles qui sont déjà partis. Et nos larmes coulent pour irriguer le flot de la vie que nous aurions voulu retenir pour toi. La colère vient aussi, la mort n'est pas juste, elle est là où parfois on ne l'attend pas. Alors comme pour conjurer ce sort, cette fatalité, nous voilà unis un instant pour cette dernière représentation. Mes yeux embués par l'épidémie de larmes qui nous gagne, je cherche à quoi me raccrocher. Là-bas un bébé gazouille, c'est une parole de vie, au milieu de ces âmes soudées dans la tristesse face à la mort. Alors je lève mes yeux, je regarde tout en haut, j'entends ce bébé et je pense à la vie, infiniment présente en cet enfant, en nous. Peu à peu la chaleur me gagne, j'ai envie d'aller dehors respirer à plein poumon la pluie qui frappe l'église, j'ai envie de vivre. Plus la messe se déroule, plus je pense à la vie, à tout ce que j'entreprends, à tous mes projets que j'ai et à ceux que je ne connais pas encore. J'ai envie de sortir d'ici pour aller vivre, car c'est dehors que la vie se vit, la vie qui m'appelle de tous ses vœux les plus chers. La vie, elle se vit en étant vivant !



vendredi 29 janvier 2010

l'eau à mes yeux





Longtemps j'ai inondé le parc de mes larmes
là seulement je pouvais pleurer tout mon compte
pleurer à grosses larmes toute secouée de chagrin
pleurer doucement lentement ma peine
pleurer de rage en souhaitant la colère de Zeus
et puis la source s'est tarie
à force de puiser dedans
seules quelques gouttes perlaient
parfois
et puis le silence s'est fait
petit à petit
il a empli mon corps
et mes pieds
sont devenus à la fois lourds dans la terre
et légers comme pour m'aider à m'élancer
aujourd'hui
je vais chercher ce silence
peu à peu sous mes pas
le calme se fait
et timidement la joie apparaît
d'abord légère, comme des petites étincelles
puis ronde, belle, grosse, de toutes les couleurs
elle circule dans mes veines
partout
je remercie la terre entière
d'être
et une larme
se glisse sur ma joue,
une larme de joie.

jeudi 28 janvier 2010

La fête foraine





La fête battait son plein. Son plein de monde, son plein de lumières, son plein de bruit et j'en avais plein les pattes pour être polie. Mais bon, je ne voulais pas être le rabat-joie de la soirée d'autant que j'avais plaisir à voir mes copines s'amuser. Elles voulaient faire tous les manèges ! Moi, j'ai le vertige dès que je monte sur un tabouret alors, aller faire le double-salto arrière, et redescendre avec une tête éclatée et le corps en mille morceaux, cela ne me tente pas du tout.
Elles venaient d'acheter leurs billets et se précipitaient comme des gamines sur le manège, se disputant "Non, la rouge ! Non moi je veux la verte, regarde comme elle est jolie cette voiture !" Des gosses, je vous dis ! Elles s'installaient ensemble ou l'une derrière l'autre et dans ce cas, c'était Céline la première. Elle préférait assurer et se rassurer en voyant ce qui allait arriver. Ensuite venait Alexandra puis la dernière c'était Sandrine, la plus petite. Elles étaient complètement excitées avant le départ du manège, poussant des cris de joie et d'enthousiasme dès qu'il partait. Et là, je devais reculer, car la nausée me montait à les voir tourner, virevolter, accélérer, tournoyer dans les airs, prêtes à s'envoler. Cela faisait peut-être le huitième manège, je ne pouvais plus les regarder. Je détournai la tête pour essayer de calmer mes palpitations en accrochant quelque chose à mon regard. Derrière le manège où mes copines venaient de prendre place dans de grosses tasses qui allaient virer dans tous les sens, il y avait un stand assez sombre avec Halloween écrit en grosses lettres sur la façade. Ce n'est pas vraiment la saison pensais-je, mais bon il faut bien qu'il amortisse l'investissement. Je fis le tour du manège pour m'approcher de ce stand qui ressemblait à une maison et dont la seule ouverture était une porte rouge. Devant, se tenait un drôle de personnage : seuls ses yeux étaient visibles, il portait le masque du Capitaine Crochet dans Walt Disney (rien  à voir avec Halloween, décidément !) et son corps volumineux était drapé dans une cape noire doublée de rouge. Il était petit et trapu. A mon approche, il fit tout un numéro de salutation en faisant voler sa grande cape autour de lui. Ahhhh ! Approchez madame ! Venez visiter mon château ! Je rigolais intérieurement car sa baraque n'avait rien d'un château. Non, merci, je reste là, j'attends mes amies ! Vos amies vont encore s'amuser un moment, elles ne s'apercevront même pas que vous vous êtes éclipsée, et puis ajouta-t-il en ouvrant la porte, ici vous pourrez vous reposer un moment ! La porte grande ouverte, j'entendis le silence en sortir. Oui, c'est ça, un silence ouaté sortait de cette maison et m'appelait. Après tout, j'avais envie de me reposer un peu au calme et surtout mes oreilles me suppliaient d'accepter cette invitation. Dès que je franchis le seuil de la maison, un souffle doux, chaud comme une caresse du désert me toucha et m'aspira. Il faisait sombre dans la pièce simplement éclairée par quelques bougies posées au sol. Au milieu se trouvait un fauteuil très imposant, ancien, avec des dorures et recouvert de tissus et de broderies. Installez-vous me dit Capitaine Crochet, reposez-vous ! A la seconde où j'ai posé mon derrière sur le siège, celui-ci se transforma pour s'adapter à ma taille et m'enveloppa de sa douceur. Ahh, comme j'étais bien ! Je fermai les yeux et sentis le fauteuil se soulever de terre, d'abord avec quelques hésitations comme si le moteur était grippé. Puis il décolla franchement en tournant sur lui-même. Prise de panique je m'agrippais aux accoudoirs, le fauteuil arriva au plafond, celui-ci s'ouvrit en deux et je sortis de la maison par les airs. Je me mis à hurler de peur et d'effroi. Mais le fauteuil ne m'écoutait pas, il connaissait son chemin et visiblement savait se diriger en altitude. Comme il volait prudemment au dessus des manèges, j'arrêtai de crier à l'aide pour regarder autour de moi. Le spectacle était extraordinaire, je survolais la fête foraine ! j'avais sous mes yeux un spectacle gai, joyeux et lumineux. L'air était frais et venaient à moi les parfums de barbe à papa et de pommes d'amour mais de façon délicate, subtile rien à voir avec l'écœurement que je peux ressentir quand je suis juste à côté. Nous survolions la fête avec des virages longs, sans aucune brusquerie, là, le train d'enfer jaillissait de la montagne, ici les chaises volantes s'élevaient comme les branches multicolores d'une ombrelle géante. J'appréciai la promenade, la visite guidée, le calme de l'instant, les bruits me parvenaient amortis par les airs. Nous virevoltions mon fauteuil et moi, et ce vent qui caressait mes joues, j'en fermais les yeux de plaisir... Voilà, la visite est terminée ! Je me redressai brusquement, Capitaine Crochet me tendait la main pour m'aider à sortir du fauteuil, il me raccompagna à la porte, j'étais saoule de ce voyage dans les airs. Tout avait été tellement magique et extraordinaire, je le remerciai chaleureusement en le payant, puis retournai vers mes amies qui descendaient de leurs tasses. Tu sais pas ce que tu loupes ! me dit Céline, c'était Géant ! Tu devrais essayer au moins une fois, c'est génial, on a l'impression qu'on va s'envoler ! Toute encore à cette extraordinaire promenade aérienne, je réalisai que je n'avais même pas eu de vertige...



mercredi 27 janvier 2010

Un cadeau à déguster - 2




 
J'ai eu un beau cadeau pour Noël : L'anthologie de la poésie française du XXe Siècle aux éditions Gallimard.
Je le déguste petit à petit en m'amusant à l'ouvrir à n'importe quelle page et j'ai sélectionné pour vous 3 poèmes dont celui-ci d' Armel Guerne.



On peut écrire, et l'on écrit ;
On peut se taire, et l'on se tait.
Mais pour savoir que le silence
Est la grande et unique clef,
Il faut percer tous les symboles,
Dévorer les images,
Écouter pour ne pas entendre,
Subir jusqu'à la mort
Comme un écrasement
Le poids vivant de la parole.

Le poids vivant de la parole 1983

Ce poème me touche particulièrement. Je pense à cette voix que nous avons dans la tête qui nous répète sans cesse ce que nous devons faire. Si on n'y prend pas garde, la pensée passive annihile en nous toute spontanéité, toute appétence de la vie. La pensée passive est notre ennemi intérieur, je l'ai d'ailleurs déjà dénoncée.
 

mardi 26 janvier 2010

Espèce de cochon !


J'avais l'intention de faire un arbre en modelage, mais la terre que j'avais prise ne se prêtait pas à une station verticale suffisamment élancée pour que cela puisse devenir un arbre. Alors j'ai laissé tombé l'idée de départ et comme bien souvent, j'ai laissé mes mains faire ce dont elles avaient envie. Et puis voilà que je sors cet animal. Une fois émaillé, je le tourne dans tous les sens, je le scrute, je l'observe et décidément, c'est tout moi, dans la logique du portrait déjà réalisé....



Je trouve que la ressemblance est assez frappante. J'ai une tête qui me fait penser à un animal préhistorique, après recherche, cela ressemblerait à un Tricératops qui avait un crâne osseux se terminant par une collerette. Celle-ci sert de régulateur thermique (cela me va bien). Ma collerette s'est quelque peu abimée lors d'une bataille, mais je trouve que cette blessure me donne un certain charme. (En fait, je l'ai perdu à la cuisson !). Alors c'est une collerette ou bien une marguerite que j'aurai commencé à effeuiller...
Bon le reste du corps : un peu trapu et costaud, je tiens bien sur mes pattes, même si je suis une femme d'un mètre 72. Et si je souhaite prendre un peu plus de hauteur, je n'ai qu'à battre mes ailes pour m'envoler ! Ma colonne vertébrale est droite, solide et elle se termine en une adorable queue en tire-bouchon. C'est mon petit clin d'œil à la race porcine que j'affectionne particulièrement. Je fonds devant une truie qui allaite tous ses petits porcelets plus beaux les uns que les autres. Et puis dans le cochon (comme le chante si goulument Juliette) tout est bon !

Autre vue, autre point de vue :



Là, j'ai fait fort avec ma cuirasse. Faut pas venir me chercher ! Je me suis scarifiée le corps, je ne passe pas inaperçue ! L'avantage c'est que je n'ai plus besoin de bijoux pour parer mon corps, je l'ai peint moi-même à ma façon, je n'ai plus besoin non plus de vêtement... Je vais faire de sacrés économies !


lundi 25 janvier 2010

Ma main sur ton front

 



Ma main sur ton front, je dépose ma douceur sur toi. Je t'encourage, toi l'enfant qui guette mes yeux. Je dépose au creux de ma main un baiser pour toi, baiser que je laisse glisser le longs de mes doigts. Si seulement par ce geste, je pouvais déposer tout l'amour, toi l'enfant d'aujourd'hui, l'homme de demain. Si seulement par ce geste, je pouvais déposer la confiance et l'estime pour que tu ne craignes personne et surtout pas toi. Si seulement par ce geste, je pouvais déposer l'audace pour que chacun de tes pas soit libre et joyeux de vivre.
Ma main sur ton front, je caresse tes cheveux, petits épis drus presque le duvet d'un jeune hérisson. Tu ris aux éclats laissant voir les trous béants laissés pas tes dents de bébés. Je voudrais pour toi la beauté, l'amour, la force, le courage et l'intelligence. Je voudrais être une fée qui se pencherait encore et encore sur ton sommeil pour te parer des plus belles qualités, et puis je voudrais que tu ne souffres pas.

Ma main sur ton front, je suis là aujourd'hui, plusieurs années sont passées. Je ne peux empêcher la vie de te traverser, de te secouer comme elle sait le faire, je te regarde vivre. Ta force d'aujourd'hui est le fruit de ta confiance acquise pas à pas même si parfois tu doutes, tu cherches. Et moi, je voudrais encore être une fée qui se pencherait sur toi, même si je sais bien que je ne le suis pas.

dimanche 24 janvier 2010

La palette des émotions

En conscience est une rubrique à part. J'y glisse des messages tout à fait personnels (comme les autres me direz-vous !) oui, mais là, je pousse la chansonnette un peu plus loin en parlant de conscience de soi. Ma perception du développement de la conscience va s'égrainer ainsi au fil des billets.



 
Pour comprendre les émotions qui nous traversent en permanence, il est nécessaire de les identifier. Pour cela, on peut comparer la palette des émotions avec la palette des couleurs. Il existe les émotions primaires tout comme il existe les couleurs primaires. Les émotions primaires sont au nombre de 6 contrairement aux 3 couleurs primaires que sont le jaune, le rouge et le bleu (si cher à Armando !). Les émotions primaires sont : La joie, la tristesse, la colère, la peur, le dégoût, la surprise (théorie de Paul Ekman).
Et comme pour les couleurs, en les croisant, en les tissant les unes aux autres, on obtient les émotions secondaires. Par exemple pour la joie, la palette est : Amoureux, confiant, content, enchanté, enjoué, enthousiaste, euphorique, excité, flatté, gai, heureux, optimiste, passionné, ravi, satisfait, sécure, soulagé. Ces émotions viennent à nous au fil de notre vie, notre éducation, notre environnement, mais aussi les circonstances, les apprentissages, les liens sociaux...
S'amuser avec la palette des émotions, c'est un peu comme s'amuser avec la peinture. Il n'y a pas de couleurs belles ou laides, il y a ce qui existe là, sur le tableau. Comme pour nos émotions. Par exemple : je reçois un coup de téléphone d'une amie qui m'annonce qu'elle part faire un long voyage extraordinaire, les émotions suivantes peuvent me traverser : la joie, l'excitation, l'enthousiasme mais aussi la tristesse de voir mon amie partir si longtemps et si loin, la peur d'être seule, la nostalgie, l'accablement, voire l'abandon... Si je les perçois, si je les identifie, elles me traversent et je les laisse vivre leur chemin pour libérer mon corps et passer ensuite à autre chose. Par contre, toujours en restant dans cet exemple, si je refuse de ressentir la peur, la tristesse, l'accablement parce que je me dis que je ne suis pas une vraie amie qui devrait être tout à la joie, je renferme ces émotions en moi, provoquant tensions et sensations désagréables. Je renforce même des croyances anciennes en raccrochant ces émotions et sensations à d'autres nées dans l'enfance. Toutes les émotions sont respectables, il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises émotions, (comme pour les couleurs !) il y a ce qui est en moi à ce moment là.
Respecter ses émotions au quotidien, c'est vivre mieux et en conscience !

mercredi 20 janvier 2010

Carte postale


Là où je suis, ils se promènent à pas comptés, l'envie est là, mais le corps ne suit plus. Ils sont vieux, plus ou moins, vieux. Ils ne loupent rien pour autant, ils connaissent, sont des habitués pas forcément du lieu mais de la pratique, connaissent les avantages et les inconvénients de plusieurs centres. Pensez-donc, au moins dix ans qu'ils pratiquent. D'abord par curiosité puis avec le temps pour le confort, le bien être. Ils sont là, l'œil averti, la claquette souple, ils se promènent, la fiche à la main : Bain hydromassant à 15 h 00, et toi, tu as quoi après ? Moi, je fais algues. Ah moi, je l'ai eu hier, c'est un jour sur deux.
Là où je suis, les cadres plus plus, viennent se ressourcer, prendre un peu de recul. Ils ne lâchent pas pour autant la presse, l'iphone n'est pas loin non plus, mais défense de l'allumer dans le centre.
Là où je suis, les jeunes mamans se reposent, bébé nouveau né, tout rond, maman se réapproprie son corps doucement, un peu comme des retrouvailles. Nouveau papa est là aussi, parfois, aux petits soins pour sa petite famille, souvent désorienté.
Là où je suis, je prends l'eau par tous les pores, je profite de ce temps entre parenthèse, loin de tout. Pour une fois, je deviens cliente, on s'occupe de moi. Je me laisse porter par le rythme : soins, ballades, lectures et je me ressource...

samedi 16 janvier 2010

Je pars !




Alléluia de ma vie que je suis
je pars
je pars en courant
même si je suis à contre-courant
je pars à la mer
retrouver un des visages de ma terre
respirer un autre air
celui du vent mon père
celui de la pluie ma mère
je pars
le cœur en chamade
prêt à la bravade
de mettre mes pieds dans l'eau
glacée fouettée des flots
je pars à la mer
j'espère le tonnerre
grondera
à faire sortir
les gorges d'amour de la terre
Alléluia de ma vie que je suis
je pars !




vendredi 15 janvier 2010

Salutation



Belle
Ode
Nouveau
Jour
Ouvert
Ultime
Rêve


Lumière
Attendue


Volonté
Immense
Eveil

jeudi 14 janvier 2010

Sur une toile de Viktor Oliva





Que ce soit avec Lali ou Armando, j'adore cet exercice !
Et là, c'est la toile proposée par Armando qui m'a inspirée

Ma muse, mon inspiration, où es-tu partie ? Je t'avais là dans mes bras, chaque jour je sentais ton souffle doux me susurré à l'oreille des mots et des merveilles. Ma muse, mon inspiration, où es-tu partie? Qu'ai-je fait pour que tu disparaisses de ma vie ? J'étais un artiste renommé, on m'acclamait, on m'adulait, on me haïssait, on me copiait ! Maintenant, je suis là dans ce bar vide et je pleure sur mon désespoir. Ma muse, mon inspiration, qu'ai-je fait ? Oui, je suis sorti, j'ai été sous le charme des compliments et des éloges, je me suis illusionné dans le paraître mais je ne pensais pas te faire disparaître.

Un cadeau à déguster - 1




  
J'ai eu un beau cadeau pour Noël : L'anthologie de la poésie française du XXe Siècle aux éditions Gallimard.
Je le déguste petit à petit, en m'amusant à l'ouvrir à n'importe quelle page et j'ai sélectionné pour vous 3 poèmes dont celui-ci de Georges Perros.





On meurt de rire on meurt de faim
On meurt pour blessure à la guerre
On meurt au théâtre à la fin
D'un drame où le ciel est par terre.


Il est cent façons de mourir
Pour vivre on est beaucoup plus sage. 
Il s'agit de savoir moisir
Entre l'espoir et le fromage.
Poèmes bleus 1962

mercredi 13 janvier 2010

J'ai plus d'empathie pour





C'est comme ça. J'ai plus d'empathie pour le Serial alcoolique que pour le Serial médicamental. Tous les deux souffrent, tous les deux sont en dépression, certes. Mais le Serial alcoolique m'apparaît plus fragile, même si c'est une erreur de perception, même si mon propos est plein de contradictions... Le Serial alcoolique a besoin de sa dose quotidienne mais après tout, les clients du Prozac aussi ! Seulement les effets et les apparences sont différents : dire qu'on est mal et qu'on prend du Prozac est plus facile à passer dans les dîners ou au sein de la famille que dire qu'on est mal et qu'on doit boire. Je connais les deux, je veux dire les clients du Prozac et les alcooliques et même ceux qui parfois mélangent. Pour moi, c'est la même dépression qui se cache derrière. Une peur ! Une peur qui a pris ses racines il y a longtemps dans l'enfance. La peur immense d'être abandonné, de ne pas être aimé, d'être rejeté. Les clients du Prozac peuvent dire : "je suis malade, je fais une dépression". Les alcooliques chroniques ne peuvent plus le dire, ils ont dépassé le stade, ils sont dans ce besoin quotidien d'alcool qui les plongent dans cette ouate, cette atmosphère entre deux univers, entre ce qui est et un monde hors norme. Ils ne peuvent pas dire qu'ils sont malades ou si difficilement. Le regard de la société est intransigeant et culpabilisant. Alors oui, j'ai plus d'empathie pour le Serial alcoolique que pour le Serial médicamental. C'est comme ça, je me sens souvent plus proche du plus misérable car j'essaie de voir en lui son humanité, j'essaie d'imaginer son parcours pour en arriver là et même si je ne comprend pas toujours, j'essaie d'accepter ce qui est, sans juger.





mardi 12 janvier 2010

J'ai traversé le mur



J'ai traversé le mur
le mur du silence, le mur du mensonge
la réalité est enfin venue en songe
je ne pouvais plus faire demi-tour

J'ai traversé le voile de la folie
le voile déposé sur l'enfant
par l'absence et la souffrance
j'ai détricoté les mailles
une par une
il fallait que je m'en aille

Maintenant
je suis emportée par le torrent des mots
je laisse se vomir enfin mes maux

J'ai traversé le mur du son
et pourtant j'ai mis du temps
à briser ce carcan
il m'a fallu plus d'un instant

J'ai traversé le mur de la honte
la honte de l'enfant sali
emmuré dans sa culpabilité
j'ai expié des années durant
la faute d'être née

Maintenant
je suis emportée par la joie de l'enfant
je me laisse jouer au chat, à la souris,
mais aussi à l'éléphant
celui qui sait
et
qui n'oublie pas
pour autant.

lundi 11 janvier 2010

C'était dimanche



Se lever de bonne heure, par habitude, par goût. Enfiler une grosse robe de chambre et des chaussettes, mettre ses chaussons, sortir de la chambre en refermant la porte derrière soi pour laisser l'autre dormir. Ouvrir la porte d'entrée, ramasser le journal déposé tôt ce matin par le livreur, humer la première inspiration dehors, évaluer la température, refermer bien vite la porte pour se diriger vers la cuisine. Préparer son petit déjeuner, poser un regard encore voilé sur les titres du journal, monter dans sa pièce à l'étage avec son thé à la main, là où je travaille, là ou je reçois, là où j'écris. Passer un moment sur son blog et papillonner sur les autres. Puis superposer les couches de pull sous le coupe vent, mettre bonnet écharpe, gants faire un baiser à l'aimé qui se lève et partir en vélo retrouver son parc. Avoir le plaisir immense d'être si tôt dehors, à peine une lueur de jour pour éclairer, entendre les roues glisser sur la fine pellicule de neige déposée. Respirer à plein poumons, se dire que oui vraiment ce matin il fait moins froid. Accrocher son vélo et partir pour cette marche si douce si agréable si paisible. Poser son regard sur la vie du parc, les oiseaux, les pies, tâche noire et blanche sur fond de neige, entendre les mésanges et au loin les joggeurs matinaux qui arrivent. Laisser les pensées se promener dans l'esprit et savourer l'instant. S'arrêter un moment pour quelques mouvements de gymnastique douce très douce. Repartir en s'imprégnant du bruit des chaussures dans la neige. Rentrer à la maison, s'affairer à quelques tâches ménagères, mais puisqu'il faut le faire, tenter d'y glisser une idée de plaisir. Et qu'est ce qui se passerait là si j'essayais de m'amuser tout en mettant de l'ordre dans la maison. Le plat de ma main sur le drap tendu, les oreillers qui se gonflent en les bousculant, l'aspirateur tel le vorace qui dévore tout sur son passage, le fer à repasser, repasse-moi donc mes bonnes idées aussi pour qu'elles soient encore plus joyeuses et tendres à mes oreilles, plier le linge, avoir le plaisir de savoir que chacun trouvera son linge dans son tiroir, même si l'autre ne s'en rend même plus compte, mais se dire que oui, c'est bon de savoir cela et se dire que oui j'y suis pour quelque chose, une goutte de bonheur. Prendre une douche douce à mon corps, m'enduire de crème ou d'huile selon mon humeur. Mettre les pieds sous la table, c'est comme ça le dimanche, apprécier, déguster le vin savoureux qui accompagne le repas. Débarrasser tranquillement, partir pour une sieste tellement tendre et réparatrice. Savourer encore cette chaleur sous les draps, regarder le réveil changer ses minutes, se décider à se lever : à 15, je me lève ! Se préparer un thé, faire un feu de cheminé, rester là à côté pour l'entendre crépiter et grossir à vue d'œil. Monter là-haut, travailler quelque peu, en attendant l'heure des webcams avec les enfants. Voir que la nuit est tombée depuis longtemps déjà lorsqu'on redescend, voir que le feu s'est un peu assoupi à son tour, tenter de le réveiller pour retrouver sa flamme. Traîner ainsi jusqu'au dîner en se disant que ce dimanche là était vraiment bon, qu'il a donné le meilleur de lui et que vraiment un dimanche pareil, on ne peut pas l'oublier.

dimanche 10 janvier 2010

La complainte du pigeon




voyageur j'étais
adulé et respecté
maintenant suspecté

ma chair appréciée
dans les plus beaux plats j'étais
ce passé nié


je pleure sur moi
ces moments de faste et d'or
boîte de Pandore


douce et tendre
vers d'autres cieux est partie
je veille sur le nid


je suis là ma mie
je t'attends pour le printemps
seul espoir vivant





Sur une toile de Diane Massey Dunbar





Je plonge à cœur joie dans l'exercice !

Quand je pense que je suis là à me faire une couleur, moi qui n'en voulais plus, histoire de laisser mes cheveux blancs vivre leur vie, quand je pense que je suis là à cause d'un site internet. Claire, m'avait dit, c'est génial, inscris-toi sur "C'était mon école" et tu verras, j'ai retrouvé des amis d'enfance et de lycée ! J'avais laissé traîné, et puis j'étais tombée sur une pub dans le journal qui faisait l'éloge de ce site, alors je me suis inscrite en rappelant tout mon parcours, L'école primaire Jean Mermoz, puis le collège Charlemagne puis mes années lycée au Jean Monet, j'avais tout mis en précisant les années. Et puis voilà ! J'avais reçu un mail de lui, Christophe. J'en revenais pas ! Le sang prenait la marche arrière dans tous mes vaisseaux. Je relisais et relisais le mail, je suis restée hébétée comme ça, comme une momie sortie de son sarcophage. Christophe me demandait si j'étais bien Martine, qui était en 4ème8 puis en 3ème6 au Collège Charlemagne, si j'avais bien eu Madame Lejean en français et Monsieur Denis en histoire-géo, je lui ai répondu oui, en cherchant comment faire une réponse intelligente. J'ai cherché longtemps et puis j'ai juste dit "oui" en tremblant comme une feuille lorsque j'ai fait Enter sur mon clavier.
La minute qui suivait, j'avais un autre mail de Christophe "Tu ne peux pas m'avoir oublié Martine, je suis Christophe ton voisin de table... On a fait des rêves ensemble, souviens-toi, comme on était fou, mais comme c'était bon de rêver ainsi de notre vie future et de l'amour, je sais, je suis parti, mon père a été muté, on a quitté la région et on ne s'est plus revu, mais j'ai toujours pensé à toi. Je me suis marié, mais cela n'a pas marché, j'ai une grande fille de 21 ans qui fait des études aux Beaux-Arts, elle a du talent. Moi, je voulais être professeur, je ne sais pas si tu te souviens, et puis je suis devenu formateur pour adultes, des grands enfants en sorte... Que deviens-tu ? j'aimerais te revoir, si tu es disponible, si tu en as envie..."
J'avais lu et relu des centaines de fois, comme une automate, j'avais répondu que je voulais bien le revoir. D'autres mails avaient été échangés et je me retrouvais là, dans ce salon de coiffure à me faire une couleur et à trembler comme la gamine de 15 ans que j'étais quand Christophe m'attrapait dans ses bras immenses et m'embrassait avec fougue et passion. Je n'ai jamais oublié ces baisers là, même avec les années. Moi aussi, je m'étais mariée et pour moi aussi, cela n'avait pas duré longtemps, j'étais partie pour oublier. Mais, même si on part le bagage léger, on amène toujours avec soi, sa tristesse et son chagrin. Je suis partie, j'ai beaucoup voyagé, beaucoup écrit, je me suis illusionné le regard avec d'autres visages, d'autres bras, mais je n'ai jamais oublié Christophe et sa fougue d'adolescent. Mais là, 35 ans après, je me dis que je suis folle à lier, folle comme une amoureuse. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais j'ai bien envie de vivre à fond ce que la vie va m'offrir car il n'y a pas de hasard, n'est-ce pas ? Hein Dites ! C'est vrai ? Dites-moi quelque chose, parce que je suis pas bien courageuse là tout de suite !



samedi 9 janvier 2010

La caverne d'Ali Baba

Cela faisait un moment qu'on roulait, nous venions de quitter Albert et sa départementale 929 et mon cher et tendre voulait voir l'aérodrome de Meaulte berceau des avions Potez, ça tombait bien, je voulais me dégourdir les jambes. Mais les avions et moi n'avons de contacts que lorsqu'ils sont nécessaires, alors j'envisageais juste de déposer mon cher et tendre et de m'en aller bien vite me promener ailleurs, car quand les pilotes se rencontrent il se racontent des histoires de pilotes et surtout des histoires d'avions. Je savourais la parenthèse de temps libre tout en me dirigeant vers le village ou le bourg, je n'en savais rien à près tout. A l'entrée, sous le panneau Meaulte était indiqué que la commune faisait partie de la Communauté de Communes du Pays du Coquelicot. Tout de suite, j'eus un élan de sympathie pour ce lieu qui m'inspirait déjà. Je garai ma voiture sur la place principale, là où il y a l'église, la mairie, le monument aux morts avec une liste impressionnante de noms (Le chemin des Dames n'est pas si loin !), la poste, une banque, un, non deux cafés, une boulangerie, un libraire-tabac-presse-loto, une petite épicerie tout cela répartis sur trois entrées de ruelles. J'allai vers un des cafés pour goûter à l'ambiance et aussi pour une escale technique. Au comptoir je pris un café auprès d'habitués, ils commentaient le journal Télé qui défilait au dessus du cafetier en train d'essuyer ses verres. Je saluai les personnes et ressorti, je voulais marcher. Je pris la première ruelle à droite, d'abord quelques maisons de briques, quelques jardins. Je suivais cette ruelle sinueuse en me disant que je ne pourrai pas me perdre pour revenir, je n'aurai qu'à faire le chemin en sens inverse. Je laissais mon regard aller d'une maison à l'autre, le vent était doux et la promenade agréable. Soudain je vis une boutique plus loin, je ne savais pas de quel commerce il s'agissait, j'ai pensé à un café, mais là, isolé de la place du village, je trouvai que le proprio avait bien du mérite. En m'approchant je vis une boutique de bric à brac et l'enseigne le soulignait fièrement : "La caverne d'Ali Baba". Rien que ça ! La maison avait deux fenêtres de chaque côté de la porte et sur les rebords des fenêtres était disposé un gentil bazar qui me donna envie de rentrer. C'est d'abord l'odeur qui me frappa : une forte odeur d'épices, je reconnus la cannelle, mais aussi l'anis étoilée... En franchissant la porte, une cloche avait carillonné, avertissant de ma présence. Je me faufilais silencieusement entre les objets de toutes sortes, là il y avait un meuble chinois, là une peau d'ours sur un tabouret, là un fauteuil crapaud, là et encore là, les objets étaient entassés et malgré tout, mis en valeur. Je m'approchai d'une table où trônait un dromadaire en bois, des livres, des objets de toutes sortes. Je laissais mon regard se promener et effleurais des doigts les objets quand mon regard fût attiré par une lampe à huile. Je la pris dans mes mains, elle épousait parfaitement la forme de mes paumes, elle brillait sous mes doigts. Elle était curieusement chaude et douce.
- Vous tenez là, la véritable lampe d'Aladin, prenez garde ! me dit une voix d'homme.
Je tournai ma tête brusquement, je n'avais pas entendu l'homme entrer, il était immense, habillé en tenue berbère, calme et détendu.
- C'est vrai ? dis-je, impressionnée plus par le personnage que par la lampe.
- Oui, c'est vrai, me dit-il. Mais le Génie qui vit à l'intérieur ne veut pas qu'on le dérange !
- Ah bon ! Il est peut-être fatigué ? dis-je bêtement pour tenter de calmer une poussée d'adrénaline qui m'envahissait.
- Oui, il est fatigué, parce que tout le monde veut le réveiller sans arrêt, tout le monde veut devenir riche.
- Et alors ? dis-je piquée par la curiosité.
- Et alors, il est fatigué et il a décidé de ne plus jamais exaucer ce vœux qui selon lui ne sert qu'à attiser la convoitise des uns et des autres.
- En fait, il est en retraite !dis-je avec déception et pour couper court à cette conversation surréaliste.
- Oui, en quelque sorte, mais il travaille encore un peu, enfin disons plutôt que c'est un loisir.
- Ah bon, et que fait-il ? mon enthousiasme s'était de nouveau réveillé et la perspective de voir une quelconque requête ou un vœux s'exaucer avait ravivé ma curiosité.
- Il fait pousser les coquelicots. Vous n'avez pas vu, c'est le Pays du Coquelicot ici !

vendredi 8 janvier 2010

La confiance en soi

En conscience est une rubrique à part. J'y glisse des messages tout à fait personnels (comme les autres me direz-vous !) oui, mais là, je pousse la chansonnette un peu plus loin en parlant de conscience de soi. Ma perception du développement de la conscience va s'égrainer ainsi au fil des billets.





La vie nous malmène avec des épreuves en tout genre. C'est un fait. Mais vous avez sans doute remarqué qu'il y a des personnes qui traversent les épreuves avec plus de facilités que d'autres. Non pas qu'elles soient moins affectées ou moins sensibles, non, car les émotions sont universelles... Elles ont en elles cependant ce quelque chose de merveilleux qu'elles utilisent naturellement comme si un don avait été déposé là sur leur berceau dès la naissance : elles ont confiance en elles ! Et puis il y a les personnes qui s'écroulent à la moindre contrariété, la première petite marche à gravir, celles qui se répètent "Je n'y arriverai jamais ! De toute manière, c'est pas pour moi, ça ! Je ne suis pas douée !".
La différence de comportement, de réaction et d'intégration des épreuves vient de la confiance.
Notre capacité à traverser les épreuves de la vie est proportionnelle au niveau de confiance que nous avons en nous. Mais comment la confiance s'installe-t-elle ?
La confiance est acquise pour soi dans l'enfance, dans l'amour juste reçu, dans le respect de l'intégrité de l'enfant, dans la protection de l'enfant et ce pendant son éducation. Cela peut-être les parents, mais aussi un adulte référent à proximité, ou bien un professeur qui par son attitude, ses mots, va semer la graine de la confiance... Par contre, si ces magnifiques et indispensables ingrédients n'ont pas été au rendez-vous, c'est la galère plus tard... Pour se réparer, il existe des stages, des formations, des techniques pour acquérir un réflexe d'empathie pour soi, de valorisation de soi, de confiance en soi. C'est un gros travail pour certains, car il est difficile de se réparer si on ne sait pas de quoi on est cassé... D'où un travail consciencieux d'introspection pour se réapproprier son histoire, son chemin. Une fois que la place est nette et débarrassée, la confiance arrive, d'abord timidement un peu comme un petit animal craintif, puis avec plus de hardiesse et d'entrain surtout si on la laisse un peu jouée.
La confiance en soi au quotidien, cela s'entretient. Je vous en dirai plus une prochaine fois...

jeudi 7 janvier 2010

Sortir




Sortir du cadre, sortir de la norme, sortir du rôle dans lequel on nous a mis
Sortir de l'impasse dans laquelle on s'est foutu tout seul par peur de ne pas être aimé, par ignorance de ses propres ressources, par faiblesse, par habitude
Sortir de ses gonds enfin, pour aller de l'avant
Sortir et découvrir ce qui est différent de moi et de toi
Sortir et se frotter à ce qui dérange
Chercher justement en quoi cela dérange
Sortir
Et être neuf
Vierge de tout ce qu'on a pu nous dire
Oser être
Même si on croit être seul sur ce chemin
Car on n'est plus jamais seul
Quand on est avec soi.
Et je suis avec moi.



mercredi 6 janvier 2010

Traces : un spectacle énergisant




La compagnie québécoise Les 7 doigts de la main présente son dernier spectacle de cirque Traces.
Pendant une heure vingt, cinq jeunes : 4 garçons et une fille, tous magnifiques et talentueux, vont dans une mise en scène urbaine, laisser des traces de leur passage. C'est de l'énergie à l'état pur, un hymne à la vie, à l'humanité, à la beauté et l'amour. Au delà des performances physiques qui sont réellement impressionnantes, il y a cette poésie et cette sensualité vivante et urgente. Le temps s'égraine, les minutes sont comptées, ces 5 jeunes là, enchainent l'art de la rue, le basket, le skateboard, les acrobaties en tout genre. J'en suis sortie secouée comme une boisson, avec l'envie de grimper aux arbres pour tenter de communier avec cette merveilleuse énergie offerte en spectacle. Vive le cirque et vive la jeunesse !


Sur une toile de Timothy Lane


Je plonge à cœur joie dans l'exercice !

Je le sens pas ce coup là ! On est plutôt mal barré pour le week-end chez Teddy. Jamais j'aurais dû accepter que Pamela vienne avec moi. Elle m'énerve ma frangine, tout ça parce qu'elle veut soi-disant, se faire bronzer à la campagne. Des clous oui, je sais bien qu'elle a des vues sur Teddy. Mais Teddy et les potes, on se retrouve pour un rallye, enfin on devait ! J'ai crevé et je ne peux pas changer la roue, because j'ai retiré la roue de secours pour pouvoir mettre tous les bagages de Pamela. Je me retiens sinon je la claquerai. Je ne sais pas comment elle fait pour avoir autant d'affaires ! Et mademoiselle, là, s'en fout complètement, elle dit qu'il va bien passer une voiture !! Mais je veux pas être en retard, sinon Teddy et les copains vont partir pour le rallye sans moi. Quel con je suis, jamais j'aurais dû accepter que Pamela vienne avec moi. J'espère qu'elle a raison et qu'une voiture va venir par ici, sinon je peux dire adieu à mon rallye !

mardi 5 janvier 2010

Vivre au présent


Entre le début et la fin, il y a la vie.
Il y a cette recherche perpétuelle d'équilibre entre ce qui n'existe plus et ce qui n'est pas encore là.
L'équilibre est dans le présent.
Car, si je me perds dans le Avant en ressassant ce qui s'est passé, je perds mon temps puisque justement hier n'existe plus ! Et si je fais des hypothèses voire des élucubrations sur demain, elles seront vaines puisque demain n'est pas encore là. Alors il me reste le présent à vivre. Et c'est précisément cet instant présent que je vis, le reste n'a aucune importance, hier est mort, demain n'existe pas ! Je suis en vie ce jour, cet instant, cette seconde mes doigts sur le clavier, je sens la chaleur de mon ordinateur, la douceur des touches, mes yeux veillent en me relisant, j'entends le ronron du chauffage à côté de moi et je sens cette bougie que je viens d'allumer. Je suis là pleine et entière en train d'écrire ce mot.
Entre le début et la fin, il y a le mouvement, quel qu'il soit ! Et je vis pleinement ce qui me traverse : la tristesse, la joie, l'énergie de vie, la nostalgie..., et même si cela doit être tout à la fois, je le vis pleinement parce que ce sont mes émotions et mes sensations qui font de moi un être vivant. Il n'y a pas de belles ou de mauvaises émotions, il y a ce que je ressens à cet instant et si je vis ma colère je la vis totalement pour libérer mon corps de cette tension et laisser le mouvement de la vie passé à autre chose...
Le mouvement est vivant, le mouvement est la vie.
Seul le présent est vivant, rien que le présent.


Cristaux de vie et de mort



sur ma fenêtre
fleur en eau cristalline
beauté champêtre

la voix de cristal
artiste à jamais partie
tristesse minérale


Lhasa, voix cassée



Pour ceux qui aiment cette artiste
pour ceux qui la découvrent
écoutons ses chansons
témoins d'une richesse multiculturelle
immense héritage de son talent
ou immense talent en héritage...


il y a un bel hommage ce matin dans Libération.

lundi 4 janvier 2010

Lhasa nous a laissé




Lhasa nous a laissé
Voix merveilleuse chaude, douce, parfois rocailleuse
Femme infiniment belle de sensualité et de féminité
Je m'en vais pleurer en écoutant tes disques





Les nuits de pleine lune

C'était une lune pleine, grosse ronde dorée, une magnifique belle lune. Je rentrai en voiture chez moi, j'avais eu un rendez-vous pas très loin à Pontoise et je rentrai par l'autoroute. Je voyais cette lune magnifique face à moi, au dessus de Paris. J'étais détendue, mon rendez-vous s'était bien passé avec le directeur de cette maison de retraite, il était content de mes ateliers et voulait prolonger mon contrat. J'étais toute à ma joie quand mon regard fût attiré par des lumières qui clignotaient sur le bas côté. Encore un accident pensais-je. Il y avait beaucoup de lumières, des jaunes, des blanches et des rouges, je ralentis sérieusement lorsque je vis la première camionnette du service de l'autoroute avec ses gros flash jaunes. Il y avait du grabuge ! Les pompiers étaient là ainsi que la police. Je ne voulais pas regarder ce qui se passait je suis trop sensible face à ce genre de scène mais un personnage vêtu du fameux gilet fluo me fit des grands signes pour que je m'arrête sur le bas côté. Mon cœur se mit à palpiter et je tremblais comme une feuille en me garant. Trois personnes se précipitèrent sur ma voiture en me demandant de venir très vite. Je sortis, mon cœur tambourinait dans ma poitrine et mes jambes flageolaient. Je pensais que je n'étais pas bien courageuse, ni téméraire, mais surtout je me demandais bien ce que j'allais faire dans cette galère puisque les pompiers et la police étaient déjà là ! J'approchai du premier véhicule, il était dans un sale état, puis un deuxième, un troisième, c'était une compilation à la César. Mon estomac était au plus mal. Les gens s'affairaient partout dans une ambiance surréaliste, un me fit un grand sourire, l'autre était en train de se remaquiller, celui-ci s'amusait avec un fox-terrier, celui-là éclatait de rire au téléphone... Je me sentis de plus en plus mal, ma tête tournait tournait, je défaillis et m'écroulai par terre. C'est un grand coup de langue qui me réveilla, le fox-terrier appréciait visiblement ma frimousse et avait entrepris de me faire une toilette digne de ce nom. Je me redressai tant bien que mal, les gens autour de moi me regardaient en silence. Je me suis assise pour reprendre mes esprits. Visiblement, j'en avais perdu une partie... Les gens me scrutaient, le silence pesait. Ils portaient tous des costumes, de magnifiques costumes vraisemblablement de l'époque Renaissance. J'avais l'impression d 'une hallucination. La musique s'éleva, une musique enjouée, belle. Les Ahhh de joie s'exclamèrent, "Que la fête commence ! On attendait plus que vous !" me dit un personnage sorti de la cour de François 1er en me tendant la main pour m'aider à me relever. La foule s'écartait pour faire place aux danseurs, c'était une fête, une vrai fête, les jets d'eau jaillissaient des fontaines, les femmes étaient plus belles les unes que les autres, les messieurs devisaient majestueusement, les flambeaux éclairaient cette scène, les musiciens tous habillés et perruqués jouaient une gavotte bien entraînante. J'avais envie de danser, des jeunes femmes m'encerclèrent et accrochèrent un ruban pour me cacher les yeux. Elles riaient de la farce en me faisant tournoyer au milieu du cercle, le silence se fit tandis que je tentai de me diriger, les bras tendus devant moi cherchant une main bienveillante. La sirène des pompiers me sortit brusquement de ma torpeur, j'ouvris les yeux et réalisai que j'étais dans ma voiture en train de dépasser le lieu de l'accident. Je m'étais endormie ! Je repris mes esprits avec la sensation d'une douche glacée le long du dos, je regardai droit devant, m'agrippant au volant, une goutte de sueur perlait à mon front, je tremblais de peur à postériori, j'aurais pu m'emplafonner et grossir le carnage de carcasses du bas côté ! je riais et pleurais en même temps quand je vis la lune pleine et grosse me faire un clin d'œil...





dimanche 3 janvier 2010

Dans l'ombre et la lumière



Dans l'ombre et la lumière
je suis.

la lumière, ma compagne
tu t'éloignes
quand dans l'ombre
je sombre.

l'ombre m'accompagne
dans le précipice
où parfois
je glisse.

dans l'ombre et la lumière
je suis.

l'ombre s'éclipse
si je vais vers ma lumière
souffrances et cicatrices
derrière.

samedi 2 janvier 2010

Envol




Rouge gorge
gorge rouge
sang de ma vie
une vie de sang
sans toit
sang moi
gorge d'effroi
gorge d'eau 
montagne gorgée de lumière
je suis la dernière
à avoir gorgée de joie
ton geste assassin
rouge gorge 
gorge rouge
je vole 
je chante
tu meurs une deuxième fois
là sous mes mots
et je ris à gorge déployée
comme mes ailes
pour mieux m'envoler

vendredi 1 janvier 2010

J'aime chez vous en décembre




Une rubrique pour vous, pour vous dire combien j'ai été touchée par vos créations de ce mois. Je rends hommage ainsi à ce qui fait le charme des blogs : la diversité, la créativité, nos différences et j'embrasse Sylvette.


Chez Fifi J'ai succombé à la gourmandise au fil des photos de kakis. Un peu de douceur aussi pour ces petites bêtes devenues adorables sous les doigts de fée d'Hespérie parce que le paracétamol de Actu bien pris tes comprimées était un peu dur à avaler ! Heureusement que j'avais un bon paraneige trouvé chez Gérard pour affronter cette neige d'hiver car effectivement la neige a neigé comme le dit si bien Armando. Pendant ce temps un ange passe chez Lakevio...
Du bleu dans mes nuages m'a fait beaucoup rêvé et chanté, mais j'ai vu du bleu là aussi et encore là grâce à Véronique et puis là encore quand Catherine nous a emmené au bord de la mer. Vraiment l'année se terminait bien, je voyais de la couleur partout comme une explosion grâce à Jawah.
Les ptites secondes de Chri m'ont fait fondre et me confirment encore et encore que le bonheur existe dans ces instants de vie anodins mais si riches en émotions et sensations.
Mais le calendrier s'égrène... il est temps Servanne, Contez moi Noël pendant qu'Annick tombe de sommeil et s'endort pour une belle nuit de tendresse.
Moi, j'aurais bien aimé me promener à Castres, en tout cas j'aspirais au silence en cette période de fêtes. Mais, je suis bien d'accord avec Fab car toutes réflexions faites, le plus important est de rester debout et de garder l'œil ouvert comme Ossiane et comme Olivier.