mardi 30 novembre 2010

Mandala sous la neige




dans l'aube glaciale
chantons les épousailles
neige matinale 




PS : Comme convenu je retrouve Olivier, créateur du célèbre blog Bloguer ou ne pas bloguer au restaurant Sakanaya. Ainsi je pourrai prouver et d'une qu'il n'est pas une légende et de deux qu'il n'est pas parti dans le grand nord préparer sa tenue du 24 au soir !

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lundi 29 novembre 2010

Je vous souhaite




un souffle de tendresse
comme la caresse
d'un ange

un regard du cœur
comme la main
d'un enfant

un baiser d'amour
comme la source
de vie


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dimanche 28 novembre 2010

Sur une toile d'Ai Xuan


Sur une toile proposée par Lali le 21 novembre 2010
rubrique En vos mots
Pour participer, rendez-vous chaque dimanche chez Lali



La jambe brisée
elle plonge dans les livres 
pour mieux s'envoler





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Toute mon attention !

Vu cet adorable panda chez Claire Fo...(mais pas Fontaine)
un site où les surprises sont quotidiennes !


Je ne suis pas libre, enfin pas disponible pour écrire,
bloguer, gribouiller, tapoter sur les touches de mon clavier...
faire comme je fais d'habitude.
Aujourd'hui dernier dimanche de novembre,
je travaille sur ma lettre au Père Noël,
c'est une tâche qui mobilise toute mon attention.
Alors vous comprendrez n'est-ce pas,
que je ne sois pas "complètement" disponible !





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samedi 27 novembre 2010

Un temps pour tout


Sur une photo prêtée par Gérard
Découvrez ici son album insolite


Accueillir la mer dans mes yeux
emportés par les vagues de bleu
avancer au plus loin de mes pas
même là où la mer ne finit pas

Courir encore dans les champs de blés
me laisser caresser par le soleil d'été
je m'en souviens de ce temps là
je me pinçais pour qu'il ne finisse pas

Toucher le premier nuage de pluie
ruisseler de perles dans la nuit
laisser mon cœur dans le tourbillon
du vent de l'automne à l'unisson

Rêver de la blancheur éclatante
du givre sur la terre naissante
Aimer à l'infini le temps présent
il n'y a pas de meilleur moment







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vendredi 26 novembre 2010

L'estime de soi


 Photo prêtée par Marie 
Découvrez ici son calendrier 2011
je l'ai acheté ... il est magnifique !



Je vous ai déjà parlé il y a quelque temps de la confiance en soi. Ce sujet me passionne, vous l'aurez sans doute compris. Avec mes billets comme croire ou la mémoire dans la peau,  je sème des petites graines sur le développement personnel rien que pour vous !

Autant la confiance en soi prend ses racines dans notre histoire, autant l'estime de soi est une auto-évaluation permanente. Elle se façonne au jour le jour. L'estime de soi ne se transmet pas, c'est une notion personnelle, intérieure. Développer l'estime de soi c'est développer ses capacités, ses ressources, son intelligence émotionnelle et... c'est aussi renforcer la confiance en soi.

C'est un travail au quotidien à temps plein mais qui porte des fruits magnifiques !
Pour développer l'estime de soi, il est nécessaire d'être honnête avec soi, d'observer sans juger sans critiquer la palette de ses émotions, d'agir en cohérence avec ses valeurs...



...à suivre !




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jeudi 25 novembre 2010

Haïku pour un pêcheur



Sur une photo prêtée par Fan
Découvrez ici une micro pause


quand le soleil dort
le pêcheur chante sa prise
ultime trésor




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mercredi 24 novembre 2010

Je suis



Je suis le vent de la montagne qui souffle sur la plaine
le roseau se courbe près du vieux chêne
Je suis la lumière du matin dans le gris de la nuit
la chaleur naissante près de feu qui luit

Je suis la rose perdue de vue et de parfum
les pétales étalés offerts au défunt
Je suis la source sous l'arbre de mes pensées
goutte d'eau perlée à la racine des blés

Je suis la chanson d'hier qui se fredonne
dans les cours de récré la cloche sonne
Je suis la promesse de liberté éparpillée
d'hier à demain bientôt réconciliés

Je suis un amour qui passe dans le monde
coule et glisse dans la ronde
Je suis la terre chérie par mes entrailles
mes pas résonnent entre les failles

Je suis le silence de la nuit blême
j'entends l'écho de mon poème
Je suis d'hier d'aujourd'hui et de demain
seule entre mes mains




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mardi 23 novembre 2010

Un poids sur le coeur

 


Il avait pris la totale, un forfait à l'année, la salle lui était accessible de 7h00 du matin à 22h00 tous les jours avec nocturne le vendredi jusqu'à 23h30. Il y allait en sortant du bureau, c'était son chemin, rue des Lilas puis boulevard Diderot, il passait devant une teinturerie, un café, une laverie automatique, un ou même deux coiffeurs, puis un autre café et voilà le 43. Depuis qu'Amandine lui avait dit que c'était un gringalet, il s'était mis au sport. Trop tard, Amandine était partie avant que l'entraînement produise ses effets. Maintenant il n'était plus pressé de rentrer le soir, le deux pièces était vide. Alors il restait là dans cette salle chaude aux corps moulés transpirants sous le poids des efforts. Il aimait bien l'ambiance, la musique déjà, complètement assourdissante lui rappelait ce qu'Amandine écoutait. Alors, il lui semblait que l'effort était plus supportable. Il aimait le bruit des appareils en action pour courir, ramer, pivoter... Il était fasciné par les haltères et surtout par la façon dont Téo les utilisait. Dans ses mains, elles devenaient légères, souples dociles. Téo arrivait tous les soirs à 18h45 précises et ne repartait qu'à 21h00. Tous les soirs depuis des années. Son corps était parfait, sculpté, volumineux là où cela devait être, en plus il était calme concentré, sa puissance parlait. Lui, cela faisait trois mois qu'il venait régulièrement et il était toujours aussi maigre. Pourtant il sentait bien qu'il avait développé sa masse musculaire, mais à l'intérieur. Rien ne transpirait de ses efforts à l'extérieur, il ressemblait toujours à un gringalet. Rien n'avait changé. Ce soir après s'être changé dans les vestiaires, il a pris sa bouteille d'eau restée sur le banc et il est rentré dans la salle. Téo était déjà à l'œuvre sur un vélo, silencieux et puissant comme d'habitude. Il s'est dirigé vers les haltères. Il a accroché un anneau de 20 kg et un de 10 de chaque côté pour commencer. Il s'est allongé sur le dos, a calé ses pieds, puis  les bras en l'air, il a décroché la barre et fait plusieurs tractions avant de reposer la barre. Il a augmenté le poids de 5 kg de chaque côté, a recommencé. Il a augmenté encore avant de reprendre son rythme. Il se sentait bien, les haut-parleurs crachaient une musique techno bruyante. Il se sentait fort et invincible. Il a augmenté encore une fois le poids, s'est rallongé, a pris la barre à bout de bras comme quand il avait danser avec Amandine la première fois au bal du 14 juillet sauf que dans la toupie, il l'avait lâché, elle était tombée contre d'autres danseurs. Il s'en était voulu. Alors là il ne lâchait pas la barre, il la portait à bout de bras, il serrait les mains d'Amandine dans les siennes, sauf qu'Amandine est partie et que la barre est tombée.






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lundi 22 novembre 2010

Fifi inspiratrice

Fifi a la gentillesse de glisser mes mots près de ses photos

 Mes haïkus chez Fifi


le feu prenait les corps
il luisait en goutte
et l'eau lui apportait l'or

défilé d'automne
j'attrape tes couleurs
et fuyons les monotones

marcher dans la vigne
dans l'allée ouvrir mes bras
toucher l'heure divine

toute innocence
gracile légère princesse
pour un pas de danse

douceur de la rose
chaque été un renouveau
le bouquet se pose

Quelle idée ce tique
vouloir prendre une oseille
la photo fait clic

Qui délivrera ce bel oiseau
pour son cœur retrouvé
il est prêt chanter !

comme un champs de fleur
ton corps ondule sur mon cœur
et trouve le bonheur

dans un corps à corps
le chien saute l'obstacle
le repos d'abord

elles sèchent en paix
les bras ballants gonflés d'air
les chemises d'antan

les fleurs champêtres
au matin dansent les champs
la cuvée est faite


Merci Fifi inspiratrice !



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dimanche 21 novembre 2010

Au delà de tout



Au delà de tout je t'aimerai encore
car sans toi je ne sais plus
comment marcher dehors
toucher la fleur qui n'était plus
glisser mes doigts vers l'inconnu




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samedi 20 novembre 2010

Etre libre



Sur une photo prêtée par Sylvaine


marcher dans la rue
regarder la vie
qui déroule
se déploie
s'active
se vit
être libre
avancer comme le vent le dit
et non comme ils nous disent
poser son regard
nouveau
chaque jour
sur l'être
le devenir
être libre
aimer qui on veut
de la texture à la parole
croire que tout est possible
puisqu'on est là
chaque jour
être libre
toucher la saveur
goûter les moiteurs
commencer
reprendre
encore
ne pas oublier
puisque je suis libre
ma main dans la tienne
allons
vers le champ
celui-là
de liberté
puisque nous sommes libres




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vendredi 19 novembre 2010

Derrière la vitrine



Sur une photo prêtée par Cécile Cassagnes
Découvrez ici ses photos sur l'eau en folie




La rue devint sombre. Ils ne resteraient bientôt plus que les magasins pour éclairer mes pas. Je divaguais dans le froid de décembre pour rentrer chez moi. Soudain je l'ai vu, mis en évidence au milieu sur une boîte blanche. Il trônait le beau manège, pour moi à cet instant il devint enchanté. Il était le plus beau, le plus magique et j'imaginais déjà mes doigts sur lui. Je grimpai quatre à quatre les escaliers pour le rejoindre, le voir de plus près, je n'avais pas vu que d'autres l'accompagnaient mais c'était celui-là que je voulais. Le manège était arrêté cependant j'entendais sa musique au loin. Derrière la vitrine je rêvais, mes souvenirs me rattrapaient. J'avais été une enfant parmi les grands, oui c'est vrai mon corps a été petit, mes gestes maladroits et j'avais besoin qu'on s'occupe de moi. Mais tout en étant dans le corps d'une enfant, j'avais été une grande parmi des enfants qui n'avaient pas su grandir. La roue avait tourné à l'envers, mais cela n'avait plus d'importance aujourd'hui puisque le manège était à moi.





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jeudi 18 novembre 2010

Hammam


Hammam
moiteurs extérieures
qui m'enveloppent
traversent, transportent
mes lignes intérieures

Femmes
brassage des mers
dans l'oubli du dehors
volutes éphémères
profondeurs des corps

Flammes
danse lascive
drapées de leur nudité
elles ondulent pensives
à l'heure du thé

Âme
le temps s'étire
en gouttes de sueur
elle perle son plaisir
d'avoir semé des fleurs







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mercredi 17 novembre 2010

Quand je sens


quand je sens l'onde me parcourir
je ne le sais pas tout de suite
il me faut une poignée de seconde
pour la reconnaître
elle frissonne d'abord dans mes cellules
puis elle emprunte les canaux
s'accroche aux os et enfin
je la sens vibrer sous ma peau
cette onde vient de loin
du fond de la terre
elle s'attarde à son envie
lorsque le corps prend vie
elle jouit de cet instant
où elle prend sa force
alors que tout se disloque

quand je sens l'onde me parcourir
c'est que j'ai tout abandonné
ne croyant plus en rien
le corps en devenir
j'oublie ce qui fut mien
quand je sens l'onde me parcourir
il n'y a plus de passé ni d'avenir
je suis l'écho en résonance
je me laisse porter par la danse



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mardi 16 novembre 2010

Comme un poisson dans l'eau



Là juste à côté c'est écrit "comme un poisson dans l'eau", en fait c'est parce que j'envie mes poissons de toutes les couleurs. D'abord ils découvrent chaque instant leur univers, c'est bien connu la mémoire d'un poisson rouge est éphémère. Et puis ils ne se perdent pas, ils glissent ondulent dans l'eau avec une telle agilité que je ne me lasse pas de les regarder.
J'ai une mémoire aléatoire, sélective. Oh sans aucun doute, tout est bien rangé là-haut, sauf qu'il m'arrive d'égarer le trousseau de clefs des archives. Tant pis, je laisse le mot cherché en suspension et je le retrouve deux heures après alors que je suis passée à autre chose. Et je m'envole d'hypothèses où le mot sorti à bon escient aurait pu faire sensation où le nom enfin retrouvé de la personne croisée aurait pu confirmer combien je ne l'avais pas oublié... C'est ainsi ! Quand à me mouvoir avec agilité et grâce, c'est possible dans l'eau, dans le bois, auprès de mes éléments à partir du moment où je peux me repérer. Sinon c'est une catastrophe, je suis capable de me perdre dans ma rue, si j'arrivais on ne sait pas pourquoi par l'autre côté. Je me suis maudite pendant des années d'être incapable de m'orienter. C'est plus fort que moi, mes yeux repèrent l'arbre du coin de la rue, le balcon aux fleurs abondantes, la boutique à l'enseigne amusante, la voiture rouge garée à côté du vélo. Imaginez ma déception quand l'automne venu, l'arbre a perdu son feuillage, les fleurs abondantes se sont fanées, l'enseigne a changé de mode, quant à la voiture rouge, il y a longtemps qu'elle est partie. Et pourtant je fais des efforts, mes yeux grands ouverts, mes nageoires en perpétuelle rotation, ma bouche prête à gober tout ce qui passe, il suffirait d'un rien pour que je me sente comme un poisson dans l'eau.



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lundi 15 novembre 2010

Haïku d'une paresseuse



je joue la paresse
en décrochant mon lundi
sublime caresse







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dimanche 14 novembre 2010

Haïku de dimanche



grasse matinée
sous le duvet de plume
chatouille mon nez







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samedi 13 novembre 2010

La chance



A travers le temps, à travers les pays,
quelques proverbes sur la chance



Congolais : la chance n'est pas comme un pagne qu'on met et qu'on enlève.
Anglais : la chance va plus loin que les grands bras.
Arabe : mieux vaut combattre avec ta chance qu'avec ton sabre ou ta beauté.
Berbère : si la chance veut venir à toi, tu la conduiras avec un cheveu ; mais si la chance veut partir, elle rompra une chaîne.
Chinois : lorsque la chance nous sourit, nous rencontrons des amis ; lorsqu'elle est contre nous, une jolie femme.
Egyptien : jette l'homme chanceux dans le Nil, et il remontera avec un poisson dans la bouche.
Russe : quand les roubles tombent du ciel, le malchanceux n'a pas de sac.
Persan : une fois en quarante ans, je suis sorti pour voler, et la lune a brillé toute la nuit.
Suédois : la chance ne donne pas, elle ne fait que prêter.
Italien : qui a bonne chance aille dormir.
Latin : la chance est un oiseau qui attend la venue de l'oiseleur
Grec : pour les chanceux, le coq lui-même pond.

La chance, si tu l'entends le matin 
malgré le bruit, c'est qu'elle est là.
Lautreje

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vendredi 12 novembre 2010

Il était une fois


Il était une fois un fermier et son fils qui possédaient un cheval pour les aider aux travaux des champs. Un jour, le cheval s'enfuit dans la montagne. Les voisins vinrent plaindre les deux hommes :
-Quel malheur ! Comment allez-vous faire pour labourer votre champ?
-Chance ou malchance, qui sait ? répondit le fermier.
Quelques jours plus tard, le cheval revint suivi de quelques juments sauvages. Les voisins vinrent exprimer leur envie :
-Quelle chance ! Vous avez maintenant trois bêtes supplémentaires...
-Chance ou malchance, qui sait ? Répondit le fermier.
Le lendemain, le fils du fermier tomba alors qu'il essayait de dompter les juments. Il se brisa une jambe et dut être immobilisé. Les voisins s'exclamèrent :
-Quelle malchance ! Juste avant les moissons. Tu ne pourras jamais accomplir tout ce travail seul...
-Chance ou malchance, qui sait ? Répondit le fermier.
En effet , le lendemain, des soldats parcouraient la région et recrutaient de force tous les jeunes hommes valides. Le fils du fermier fut le seul qui ne fut pas enrôlé, à cause de sa jambe cassée.
-Quelle chance, dirent les voisins, ton fils ne peut pas t'aider, mais au moins, il est avec toi et ne risque pas de se faire tuer à la guerre.
-Chance ou malchance, qui sait ? Répondit le fermier.





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jeudi 11 novembre 2010

Avé les rillettes !



Henriette n'était plus la même depuis son accident. Pourtant, elle avait récupéré toute sa tête, elle percutait même plus vite qu'avant. Au bridge, aux échecs, elle était devenue imbattable. Et puis aussi elle était devenue incroyablement douce et calme alors qu'avant, fallait pas lui en promettre à la mère, elle démarrait au quart de tour, taillait dans le vif et rentrait dans l'lard. L'était pas facile la Henriette, bonne pâte cependant et puis active avec ça toujours une ou deux tâches en cours ! Alors le jour où elle s'est écroulée sur le carreau de la cuisine toute nue à peine sortie de la douche ça a fait comme un tas d'escalope déversé sur la paillasse du boucher. Bizarrement c'est le silence qui a surpris Jean-Paul. Plus un bruit, alors il appelé Riette, ça va ? Pas de réponse, il a pensé qu'elle était déjà partie au marché puisqu'on était mercredi. Il a mis la télé en route, savourant à l'avance son heure de tranquillité, a parcouru le programme, s'est assis puis s'est ravisé pour aller se servir un deuxième café. Sa tasse a rebondit sur les pieds d'Henriette puis s'est fracassée au sol.

Trois mois après, Henriette avait récupéré ce qui était récupérable, sa tête était là mais sa jambe droite, son bras droit n'obéissaient plus. Sa bouche ne se refermait plus. Il lui fallait vivre dans un autre corps.

Jean-Paul distribuait les cartes tout en la regardant. Il ne supportait pas de voir ce visage et ce corps déformés. Il la haïssait pour ce qu'elle était devenue. Elle lui faisait peur avec sa gueule de travers et puis il était persuadé qu'elle le faisait exprès. Henriette regardait les cartes une à une avec sa main gauche puis les plaçait sur le plateau posé sur ses genoux. Elle savait, elle sentait combien elle dégoûtait Jean-Paul. Elle, c'était la maison qui la dégoûtait, tout était sale partout, les journaux s'empilaient par terre, le linge sale croupissait sur le sol de la buanderie et la vaisselle s'empilait dans l'évier. Jean-Paul ne s'était pas attelé à la tâche et il n'avait jamais été habitué puisqu'elle faisait tout l'entretien de la maison.
Elle fit exprès de perdre aux cartes. Jean-Paul souriait savourait déjà sa victoire. Pendant qu'il redistribuait pour une nouvelle partie, elle lui dit : ze vais m'en aller Zean-Paul, ze pars la semaine krochaine. Tu vas t'en aller mais où ça Riette ? Ze pars faire un voyage avec l'association AVC'est Revivre ! Comment ça tu pars? Ca fait krentehuit ans k'tu m'appelles riette, je hais les rillettes ! ça fait krentehuit ans que ze suis ta boniche, j'ai failli krever sur le karreau, z'ai plus d'temps à perdre, z'suis vivante, ze veut vivre

Jean-Paul est resté hébété. Une jeune femme est venue deux après-midi de suite pour aider Henriette à préparer son voyage. Henriette riait avec elle, sa gueule se déformait encore plus, elle bavait et pleurait de joie aussi. La jeune femme était vive enjouée, elle ne semblait pas gênée par le visage grotesque d'Henriette. Et pourtant elle était hideuse avec cette paralysie du visage. Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus rien. Le jour du départ arrivait, il ne dormait plus. Il la regardait dormir le visage détendue comme avant. Alors lui prenait l'envie d'attraper un oreiller et de l'étouffer là dans le lit, mais il n'osait pas. Le matin du départ, la jeune femme est venue avec sa petite voiture, elle a emmené Henriette et ses affaires rejoindre le point de rassemblement. Il n'a pas dit un mot.

Jean-Paul s'est retrouvé seul. La saleté dans la maison a pris du terrain envahissant les placards et les étagères. Il ne sortait plus, restait devant la télé des heures durant, se nourrissant de conserves ou de plats congelés. Tout se passait dorénavant comme si le monstre c'était lui.


A toutes les gueules cassées
A ceux qui se croient laids








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mercredi 10 novembre 2010

Comme si



J'ai découvert un univers le jour où j'ai touché mes sensations. Je n'étais plus en dehors de moi. Je n'étais plus transparente. Je ressentais. Pas comme on m'avait dit, mais comme cela venait, de l'intérieur. J'ai pris le temps de goûter pour apprendre à reconnaître et surtout aller vers ce qui me plaisait. Tellement de retard à rattraper, tellement à découvrir, à lire, à partager déjà avec moi, puis avec les autres. 
Je me suis passionnée à décrypter, classer, répertorier la palette des émotions pour en connaître le goût, la texture, la couleur, l'épaisseur. J'ai joué avec mes mains, les laissant libres comme si elles touchaient la terre pour la première fois. Puis je me suis rendue compte que mes pensées me ligotaient, puisqu'elles m'enfermaient dans ce que je découvrais. Alors pour garder le goût de l'émerveillement et prendre de la hauteur, je cherche chaque jour chaque instant le nouveau, le subtil pour ressentir la joie en moi. Il n'y a pas une journée où je me sens rassasiée de ma quête. Je ne fais que recommencer ma route.

comme si ...

au crépuscule du jour
je me souviendrai peut-être de ce matin
où je suis née vieille
vieille de mille ans
vieille de toutes leurs histoires
que j'ai porté pour eux
j'ai déposé mon fardeau
pour découvrir mon univers
mais ne voulant pas m'enfermer
j'ai laissé mes vérités

et je prends le souffle du vent
comme s'il me touchait
pour la première fois


que le sourire du matin me pardonne
mais mon cœur tombe et frissonne
je me dénude de tout
et pour sentir le tout
je m'abandonne


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mardi 9 novembre 2010

Passionnément



Pastelle dans le billet un grand jour  avait utilisé un petit logiciel gratuit pour nous offrir un cœur énorme ! Je me suis amusée avec et voici le résultat.



j'aime les fleurs passionnément
celle qui pousse là à cet instant
et celle qui fleurira demain
la fleur découverte alors que la plante se mourait
la pâquerette écrabouillée entre les petits doigts de l'enfant
la fleur des champs celle qui s'accroche à mes souvenirs
la fleur fière travaillée en bouquet
la vivace qui résiste sur le balcon de mamie

j'aime les fleurs passionnément
la résistante s'infiltre entre deux pavés
la rose s'épanouit au sourire de l'aimé
j'aime les fleurs passionnément
la première se dresse à travers l'hiver
la dernière se fane sous mes paupières


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lundi 8 novembre 2010

Permis de construire, suite encore


J'ai changé de vie
je ne dors plus dans la même maison
j'ai troqué mes malles et mes guéridons
pour des coussins et des édredons
j'ai laissé l'éolienne phare à mes voisins
ils s'amusaient avec du soir au matin
les enfants se sont installés dans la tour
ils ne finissaient jamais d'en faire le tour
résultat je ne pouvais plus me reposer
alors j'ai tout laissé
pour un champ de fleur
jamais fané
en roues de bonheur






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dimanche 7 novembre 2010

Comme on dit au Kenya



 Celui qui se lève tard ne peut jamais 
voir la tortue se brosser les dents le matin.






Le tourbillon est revenu, alors je n'ai pas le temps de répondre à vos commentaires, ni celui de venir vous voir. Je me rattrape dès demain ! Beau dimanche !



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vendredi 5 novembre 2010

J'aime les truffes



J'aime les truffes, c'est comme ça, cela ne se commande pas. J'aime les gens qu'ont un pif, un vrai. Un nez qui découvre, reconnaît savoure et donne les arômes en bouche. C'est l'odorat qui donne le plaisir de la table, z'avez déjà eu un rhube ? Les yeux fermés, vous ne savez plus ce que vous mangez !

J'aime les truffes, les gens qui sentent la vie et qui ont du flair. Moi même, je suis une olfactive une espèce de cochon en fait, sauf que chez moi, les narines descendent jusqu'aux mains, parce que je sens aussi beaucoup de choses mains contre peau.
Ce sens est vital, instinctif et envahissant. On peut baisser le son de la radio quand elle crache quelque chose qui ne nous plaît pas, mais allez demander dans le métro à la dame de baisser un peu le niveau de son parfum : Impossible !
Le plaisir de la table, le plaisir de la chair, les fragrances perçues, fourrer son nez partout, plonger le nez en premier dans les saveurs aimées, la mémoire dans le nez, celle qui nous transporte dans les souvenirs d'enfance : le nez est un ami qui n'oublie rien !

Je ne pourrai jamais me refaire mon nez ! Refaire mon nez, serait comme renier ma personnalité, mon flair, mon pif. J'aurai peur de perdre mon intuition, mes sensations. Je garde mon nez, je le bichonne en lui proposant des senteurs qui l'aime. Je l'emmène renifler la terre humide qui reçoit les richesses d'automne, sentir les arbres et la mousse dans les matins frais, il aime à retrouver les plaisirs de la terre au fil des saisons. Je le respecte aussi en m'éloignant des personnes qu'il ne pouvait plus sentir et je me rapproche des truffes curieuses, gourmandes et joyeuses !  Il me le rend bien en se sentant beaucoup mieux ! Y a pas, j'aime les truffes !


Photo prêtée par Fifi
retrouvez ici son billet Cochon !
Merci Fifi !


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jeudi 4 novembre 2010

Quelle réalité ?

L'être humain est épris de vérité. Il a besoin de donner sens pour comprendre et avancer, la vérité est  une quête, le Graal du savoir. Mais cette quête est vaine, car chacun a sa propre interprétation de la réalité, chacun entretient la vision de son histoire...


"Pour un moine, une jolie femme est une cause de trouble.
Pour l'amant, une source de plaisir.
Pour un loup, un bon repas."

Aphorisme zen


Sur une photo prêtée par Kenza
Retrouver ici la toile de Charles Joshua Chaplin
Two girls bathing
Merci Kenza !





mercredi 3 novembre 2010

Ensemble




grand comme le ciel
tu rayonnes sur la mer
ton nom est bleu









mousse en toi prend racine
réveil du printemps
ton  nom est vert










parure d'or du matin
astre de lumière
ton nom est jaune
 


sang de nos entrailles
lumière souterraine
ton nom est rouge







Seul tu ne peux rien
ta lumière devient fade
elle ne trouve pas d'écho
ensemble ce sont nos différences
qui révèlent nos richesses

j'aime la couleur de ton nom
j'aime la couleur de ta peau

ensemble nous sommes comme les oiseaux du monde
ensemble nous pouvons libérer les couleurs de la vie
et nous envoler




Sur une photo prêtée par Armando
retrouver ici les photos prises
au Centro de Arte Contemporânea  ZEFA
Merci Armando !
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mardi 2 novembre 2010

Automne rouge

L'envie de m'accrocher à la couleur de la vie, 
ce matin le rouge me guette, me sourit. 
Je le sens tapis là. 
je vois rouge partout à la fois.


Automne rouge
sang de toutes les passions
dans mes veines, bouge




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lundi 1 novembre 2010

J'aime chez vous en octobre

Une rubrique pour vous, pour vous dire combien j'ai été touchée par vos créations de ce mois. Je rends hommage ainsi à ce qui fait le charme des blogs : la diversité, la créativité, nos différences, le partage.


Le mois d'octobre a été chaud !

Ann donne le ton et constate : Résistance pendant que Chri prend en photo le jour de grèves. Fifi suggère de se rapprocher, le temps des confidences souhaité par Armando arrive : des pensées à ranger pour Les Héphémères, des mots une histoire à écrire pour Olivia, un discours rapporté par Jlhuss, heureusement la gardienne d'immeuble de Fab veille. Fermez les jalousies alerte Sylvaine, la couleur débat relance Servanne. Oui si tu veux ! Tant qu'on y est, on peut aussi parler de l'égalité des sexes avec Déli', si vous sortez couverts comme Pagenas.

C'est pas tout ça, mais je claque des doigts dit Jawah, alors je propose sur le sable de la mémoire de Lali. Ensuite nous pouvons partir en balade avec JC, à deux pas de mon coeur nous dit Chris, vous verrez au loin les dunes de MioModus. Pierre tombé en amour avec la nature chante si j'avais des ailes... J'ai envie de voilage comme Ossiane et de regarder la voilure avec Jeandler. Mais juste avant avec voyages immobiles, Christiane constate je te vois. Hors du cadre de Kenza, j'aperçois l'offrande mise en couleur par Sylvie. Alors je m'interroge avec Laylacarina le portrait photographique est-il un art ? Portraits répond Gérard ! Le sage Olivier nous propose plutôt d'offrir sans imposer tandis que Gballand lance le jeu (billet du 15).

Étourdie par le repas d'anniversaire organisée par Jef, je rêve de papillon avec Macile, je vois des fractales et de la cuisine chez Pastelle. C'est la saison des potirons nous rappelle Tanette, je crois que je vais me faire un petit potage léger, puis je reprendrai encore de la tarte aux mirabelles de Blogoth, je ne peux pas résister, ce sont comme des perles de bonheur, n'est ce pas Armando ?

Puis je partirai avec le vol au vent d'automne tout comme chez Alienor, je goûterai ce jardin là en me promenant avec la petite jardinière. Collé au mur de Dominique, nous regarderons encore une fois au loin les cheminées de Mirmande chez Calusarus rien que pour le fantôme aux trois yeux ! Nous reviendrons voir les vendanges croquées par Alain, puis nous nous perdrons dans le jardin de Rosa Mir mais cette fois-ci en noir et blanc de Chrys pour habituer nos yeux  à ressentir cet effet peinture reflets dans l'eau pris en photo par Paule. Avant de refermer l'agenda du mois d'octobre, nous penserons à ceux qui ne sont plus là et si le coeur nous en dit, nous écrirons peut-être des épitaphes comme Saravati.


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