lundi 28 février 2011

Bras de mer



Merci Armando pour le prêt de cette photo
Découvrez  ici son nuage de photos !

la voie écartelée
les chemins balisés
puis soudain
après la voix
abrutie du miroir
d'un écho sans fin
au creux de toi
en courbe de mes bras
bras de mer
courbe de la terre
au centre de moi
au creux de mes bras
enfin
toi que j'espérais
moi que je cherchais



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dimanche 27 février 2011

Faire des ricochets



Qui n'a pas jouer enfant ou même plus grand à faire des ricochets dans l'eau ? Un plaisir de voir le caillou rebondir, effleurer l'eau, suffisamment pour marquer son passage et repartir pour un autre saut. C'est en jouant à ce jeu trouvé chez Iowagirl que j'ai pensé aux ricochets. Avec mes petits cailloux de couleur, je fabrique mon printemps tel qu'il sera, je regarde mes couleurs rebondir sur la toile et je m'amuse des ronds dans l'eau, ils s'étalent s'élargissent et traversent l'Atlantique !



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samedi 26 février 2011

Le pressoir veille sur les pommes

Les pommes d'amour donne soif suite...et fin


Tour de pile - photo empruntée ici

Alice avait compris en voyant Robert et Eugénie partir au restaurant. Elle savait qu'ils savaient. Cela ne faisait plus aucun doute, sinon pourquoi Robert serait-il venu comme ça sans femme et enfants en pleine période scolaire ? Eugénie lui avait certainement demandé de venir. La vérité éclaterait bientôt, ce n'était qu'une question de jours ou d'heures... De toute manière, à quoi bon,  maintenant elle pouvait partir en paix.
Elle ne resta pas après le dîner bavarder un moment comme d'habitude, elle se retira dans sa chambre lentement. En attendant l'ascenseur, elle se retourna pour voir encore une fois les autres pensionnaires.

Alice rentra chez elle, s'assit dans son fauteuil contre la fenêtre et plongea dans ses souvenirs. Elle les voulait complètement, pas des extraits comme la bande annonce du film à la télé, non, elle voulait tout dans sa version d'origine et la plus longue si possible. Elle mit son châle rose sur ses épaules, s'installa confortablement et regarda le saule pleureur dehors jouer avec la lumière du réverbère. Fin février, déjà les premiers bourgeons apparaissaient... bientôt le printemps puis la chaleur lourde et orageuse de l'été... Comme cette année là, elle a 6 ans, elle joue au bord de la Moselle, là où la rivière s'amuse à caresser une toute petite plage de cailloux. D'autres enfants arrivent par les prés, ils jouent ensemble, ils veulent la plage rien que pour eux. Tout en s'approchant, ils crient après Alice pour lui faire peur, Va-t-en bâtarde, ce n'est pas chez toi ici, file chez ta mère, la salope ! Alice fait la sourde oreille, mais les enfants approchent, se baissent pour ramasser des cailloux et lui jettent dessus. Alors Alice se sauve en courant, pleurant, elle court sous les rires et les injures. Elle rentre à la maison, sa mère est là s'affairant dans la cuisine à préparer le poêle. Alice se précipite dans les jupes de sa mère Maman c'est quoi une bâtarde ? Paulette, emportée par l'élan, se retrouve plaquée contre l'évier, les mains sales de suie, elle tente d'attraper un torchon pour s'essuyer un peu les mains. Alice a encerclé ses jambes, les serre à les broyer tout en pleurant à grosses larmes. Paulette la prend dans ses bras, lui parle doucement, lentement. Agrippées l'une à l'autre Paulette raconte, son arrivée ici à la filature, le travail pénible, la solitude, la souffrance, les brimades et puis Grandjean, le contremaitre, les menaces, le travail de plus en plus dur parce qu'elle ne voulait pas, l'usure, la fatigue, le temps de repos qui n'en n'est plus un un tellement on a mal partout, les mains en sang, les bras lourds comme les piles du pont, la tête éclatée par le bruit infernal des 40 métiers à filer en furie, les jambes épuisées à cavaler entre les machines... Paulette raconte tout, jusqu'au jour où épuisée, elle cède aux avances de Grandjean. Tout de suite sa situation s'améliore, elle a des temps de pause, elle travaille moins en équipe de nuit... Et puis tu es arrivée dit-elle en regardant Alice dans les yeux, je suis tombée enceinte. Cela a été horrible et en même temps tu es la plus belle chose qui me soit arrivée ! Je ne suis pas allée voir mes parents jusqu'à ce que j'accouche, la honte les aurait tué.

La honte avec le temps avait tué sa mère, elle s'en était allée jeune, épuisée par le travail, épuisée par la solitude, Grandjean avait arrêté son maigre régime de faveur dès l'annonce de la grossesse. Désormais, il ignorait Paulette, faisant comme si elle n'existait pas. Haïe par ses collègues, reniée par ses parents qui avaient appris la nouvelle, Paulette n'avait vécu que pour Alice.
 
Alors, au repas de Noël quand Raymond s'était raconté, elle savait ce qui lui restait à faire. Maintenant, elle se sentait en paix, elle se sentait soulagée et apaisée. Il faisait nuit noire dehors, elle n'avait pas envie de se lever pour tirer les rideaux, elle voulait simplement plonger encore une fois ses bras dans les jupes épaisses de sa mère et serrer fort encore plus fort la vie.



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vendredi 25 février 2011

Les pommes d'amour donnent soif

Le calva attend son heure suite


Eugénie s'était arrêtée de parler, il lui fallait un moment pour laisser passer l'émotion qui la traversait. Robert avait pris la main de sa tante, tout doucement, comme pour rassurer un enfant. Et puis, dit-elle, on l'a retrouvé mort dans sa chambre assis dans son fauteuil le 14 février, jour de la Saint Valentin ! Rien ne laissait présager cela. C'est sûr qu'à nos âges, on s'attend à ce que l'on s'éteigne à n'importe quel moment. Mais là, je sais que ce n'était pas son heure, je le sais c'est comme ça.
J'ai été très secouée par sa mort,  je ne m'y attendais pas, nous étions devenus des amis et j'appréciais nos après-midis. Je suis restée plusieurs jours sans rien faire, je pensais à lui et puis je me suis obligée à redescendre dans la salle pour participer aux activités, c'est comme ça que j'ai trouvé cette lettre de Raymond, il me l'avait glissé dans mon magazine de mots croisés.
Ma chère Eugénie,
Ces quelques semaines aux Pommiers blancs ont été un havre de paix. J'ai trouvé en vous, une amie, une confidente et un partenaire féroce aux dames. Je vais partir avec le regret de ne pas vous avoir connue plus tôt. Je sens qu'auprès de vous ma peine se serait assagie pour devenir enfin un lointain souvenir comme les visages jaunies sur une photo. Mais c'est ainsi. Il y a longtemps, mon père a semé la haine et celle-ci a soif de vengeance.
Avec toute mon affection,
votre dévoué Raymond.
Robert lisait et relisait la lettre de Raymond. Peut-être sentait-il la fin approchée... mais on ne décide pas de mourir ainsi comme on déciderait de sortir prendre l'air. Suffit pas de vouloir mourir pour mourir, ce serait trop simple ! La mort se venge toute seule, elle vient au moment où elle veut, pas quand nous le décidons, à moins que ... un suicide, non pas avec une telle lettre... Mais alors, se peut-il que quelqu'un l'ait tué ? Raymond sait ce qui l'attend, il accepte l'échéance et le pire... il connaît son bourreau !
- Alors t'en penses quoi ?
Robert raconta ses interrogations à sa tante. Ils restèrent longtemps ainsi face à face, à parler à voix basse. La nuit descendait sur les Pommiers blancs et Robert décida d'emmener sa tante au restaurant. Rien de tel qu'un bon repas pour se remettre les idées en place. Puis il la raccompagnerait avant de rejoindre son hôtel Le cheval de bronze sous les arcades. Mais avant de dormir, il voulait faire une recherche sur internet...



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jeudi 24 février 2011

Le calva attend son heure

Un goût de chausson aux pommes suite


Il avait traîné sous les arcades, les avait descendues puis remontées, s'était posé un moment à la terrasse d'un café, puis à la demie de 15 heures quand l'abbaye fit retentir sa cloche, il s'était rassemblé pour retrouver Eugénie. Elle l'attendait dans le hall d'entrée des Pommiers blancs, elle se laissa encercler par les bras généreux et affectueux du gaillard, puis elle s'inquiéta de la fatigue de Robert, avec son travail, la route et sans attendre de réponse lui dit en levant la tête vers son visage :
- T'as le crâne qui pousse Robert !
- Oui ma tante, je suis comme le père, et le grand-père, j'ai le cerveau qui grossit dit-il en passant sa main gauche sur son crâne dégarni.
- Bon viens que je te raconte ! Elle prit Robert par le bras et l'emmena dans sa chambre.

Elle lui raconta tout, s'attachant à lui présenter les faits dans l'ordre chronologique. D'abord l'arrivée de Raymond fin novembre. Un monsieur distingué, simple mais distingué. Ne se liant pas beaucoup, Raymond n'apparaissait qu'aux heures des repas puis s'enfermait dans sa chambre. Il ne participait à aucune activité et parlait peu. Et puis le repas de Noël, le hasard voulu qu'Eugénie fut placée à côté de Raymond. Il était entouré de femmes, comme les autres pensionnaires mâles ! Les Pommiers blanc ne dérogeaient pas aux statistiques : 8 hommes, 70 femmes. Après l'entrée composée de saumon, pâté de poisson le tout accompagné d'une verre de champagne, Oui à nos âges on oublie la coupe, beaucoup trop haute et trop risqué ! Bon, après le petit coup de champagne, les langues se sont déliées. Les unes parlaient de leur enfance, du travail..., en tout cas de la vie d'avant, c'est tellement loin tout ça ! Et puis Paulette a demandé à Raymond d'où il était. Il a enfin pris la parole, le silence s'est fait autour de lui, les oreilles attentives à la nouveauté, se tendaient. Il était né à Dommartin et avait été à l'école à Remiremont. Il s'appelait Grandjean, il avait vécu son enfance près de la Vanne à Remiremont. Et puis il était parti à Nancy vivre sa vie, voilà c'était tout. Le repas a continué, mais Eugénie avait remarqué qu'Alice regardait Raymond attentivement. Elle s'était même fait la réflexion qu'Alice en pinçait pour lui.
Il y eut un autre Raymond ensuite, plus causant. Il descendait l'après-midi dans la grande salle pour participer aux jeux. Très rapidement Eugénie et lui prirent l'habitude de se retrouver pour une partie de dames près de la fenêtre, la table qui donne sur le jardin. Ils  s'étaient confiés leur vie, leur souffrance du passé pour se rassurer mutuellement que l'autre aussi avait eu son compte. Raymond s'était marié avait eu deux enfants, puis sa femme était partie avec un autre, il ne s'en était jamais remis. Il était triste aussi parfois quand il parlait de son enfance. Père violent brutal qui terrorisait sa mère et ses frères et qui régnait en maître sur les ouvrières de la filature. C'était le contremaitre, le chef.
Raymond s'était confié un peu plus au fil des après-midis. Son père avait été un salaud, un vrai. Raymond savait combien le père avait été odieux aussi avec les femmes de l'usine. Grandjean harcelait les femmes qui ne se soumettaient à ses avances. Raymond portait la honte de sa mère et la culpabilité que le père n'avait jamais ressentie. Mais tôt au tard, on paye ses crimes, n'est-ce pas Eugénie, on paye toujours, maintenant avec les années, la souffrance de mon enfance revient plus cruelle encore, je revois ma mère pleurant dans son tablier chaque fois que le père rentrait fier d'en avoir poinçonné une nouvelle. J'ai porté cela en moi toute ma vie et je sais qu'un jour je paierai pour lui, parce qu'il faut que quelqu'un paie ! Eugénie l'avait rassuré comme elle avait pu en disant que tout ça, c'était de l'histoire ancienne et qu'il fallait passer à autre chose. Mais elle sentait bien face au silence de Raymond qu'il portait encore sa souffrance comme une plaie vive...



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mardi 22 février 2011

Un goût de chausson aux pommes

Sur la route des Pommiers blancs suite



Il s'était arrêté à Epinal pour déjeuner. Déjà il trouvait une toute autre saveur au repas, même si ... Ses plus beaux souvenirs gustatifs, il les devait à Eugénie. Jamais il n'avait retrouvé la saveur de sa tarte aux mirabelles et encore moins celui des beignets de brimbelles. C'était à l'âge où pour un garçon de 10 ans, un adulte est vieux et un grand-parent encore plus. Sa grande-tante, son grand-oncle, sa grand-mère, tous étaient déjà très vieux pour lui puisque c'était les parents de son père ! Pensez donc, Robert avait même connu son arrière grand-mère ! Ils étaient vieux mais solides comme le Saint Mont, toujours là, quand il ouvrait les volets au petit matin. Il enfilait un gilet de grosses mailles, sortait de la chambre tout doucement, posait ses pieds nus sur le carreau glacé du couloir, descendait l'escalier vers le sous-sol, enfilait des vieilles chaussettes puis glissait ses pieds dans les sabots déjà garnis de vieux chaussons. Il ouvrait la porte de derrière, celle qui donne sur le jardin, d'un grand coup d'épaule, le bois travaille disait l'oncle, "il ne s'arrête jamais". 8 marches à faire claquer les sabots, à faire résonner le bruit sourd dans le matin calme. Il trainait ses sabots vers le potager pour rejoindre sa grand-mère. Le froid du matin le saisissait et lui donnait une envie urgente de pisser, alors il se dirigeait vers le fumier contenu dans un enclos de parpaing et là il goûtait le plaisir d'uriner pleinement sur le tas de fumier fumant sous la chaleur de l'urine...
La nationale était fidèle, ses souvenirs revenaient avec douceur et bonheur. L'émotion était intacte, tout était là à sa place. Chaque morceau de sa peau revivait et frémissait de ce bonheur. Bien sûr, il connaissait d'autres moments de joie, mais ces vacances là avaient déposé dans sa chair le parfum de la liberté et de l'insouciance.
Remiremont approchait, il arriverait aux Pommiers blancs à l'heure de la sieste, tant pis, il attendrait le réveil d'Eugénie tranquillement dans la salle de repos des Pommiers, ou il irait se promener sous les arcades de la ville, il ne savait pas encore, il hésitait, goûtait le paysage, savourait, se laissant porter par la chanson de son enfance...


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lundi 21 février 2011

Sur la route des Pommiers blancs


Investigation suite



Il avait choisi la nationale plutôt que l'autoroute pour prendre son temps, se rappeler lentement. Robert descendait dans Les Vosges voir sa tante. Curieuses expressions que de "descendre dans Les Vosges" et "monter sur Paris"... Cela l'amusait toujours. Sauf que là, avec la francilienne derrière, Sézanne dans une poignée de kilomètres, il avait vraiment la sensation de descendre lentement dans les souvenirs. Le brouillard prolongeait l'ouate du sommeil, les voitures se faisaient rares, la nationale perlait son enfance. C'est pour ça que l'autoroute était impensable, il voulait respecter les étapes, ses paliers de décompression à lui. Il attendait ce moment délicieux où il se promènerait dans sa bibliothèque personnelle pour revivre les douceurs, comme on se rappelle inlassablement le parfum des fougères dans la forêt.
Robert avait éteint la radio. Sa voiture ronronnait de plaisir, elle reconnaissait son chemin, Sommessous, Soudé, Coole...bientôt Vitry-le-François. 8 mois qu'il n'avait pas pris cette route. Il était allé voir sa tante, ou plutôt sa grande-tante, la soeur de sa grand-mère l'été dernier. Depuis, il n'avait pas eu le temps avec le boulot, les gosses... Il le regrettait. A 89 ans, on ne peut plus se permettre d'attendre, chaque minute compte.
Eugénie était la dernière en vie. Elle se défendait bien, elle bataillait encore son jour avec envie, rien à voir avec les stagiaires du canard ! 
Il avait reçu une lettre d'Eugénie, une lettre à l'écriture inclinée fière et courageuse bravant le tremblement des mains. Eugénie lui annonçait la mort de Raymond pensionnaire comme elle aux Pommiers blancs. Mais pour Eugénie, Raymond n'était pas mort de mort naturelle, elle voulait que Robert vienne...



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vendredi 18 février 2011

Investigation


- Alors Robert, t'en es où ?
-...
- T'as pas un truc à nous proposer, ch'sais pas moi, un petit crime ordinaire, un casse mafieux, un truc un peu sordide, histoire de faire grimper les ventes du canard ?
- Pas envie
- Je m'en fous que t'aies pas envie, je veux que tu nous pondes une de tes histoires bien chialantes !
- Ça ne se commande pas, je ne suis pas un distributeur, je suis journaliste, je m'en tiens aux faits.
- Mais on n'en n'a rien à foutre des faits ! Ce qui compte c'est de vendre, rien de plus ! Est-ce que tu crois qu'aujourd'hui il y a un seul gus pour vérifier les faits ? Mais personne mon vieux, c'est dépassé tout ça, reviens sur terre.
- Justement...
- Quoi justement ?
- Je me tire à la montagne deux jours
- Comment ça, tu te tires ?
- Je vais voir une tante. Parait qu'il y aurait eu un crime d'amour chez elle.
- Un crime d'amour ! bien, bien... C'est bon ça, l'amour, ça fait toujours vendre ! Va Robert, et ramène nous quelque chose de croustillant !
- Vu la moyenne d'âge aux Pommiers blancs, ça risque plutôt de craqueler...
- ...



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jeudi 17 février 2011

En prévision !


- vous venez de déménager ?
- non... pourquoi ?
- je vois un grand bouleversement dans la maison, comme si tout était sens dessous-dessus.
- ah, ce n'est rien, j'ai mis un peu d'ordre dans les affaires de mon chéri. Faut dire que j'avais du temps, il m'a laissé toute seule pendant une semaine pour un soi-disant séminaire à Marseille. J'ai pris les devants, je ne me laisserai pas avoir comme ma copine Martine... Dites, il va me tromper ?
- non, il est vraiment parti travailler... il vous aime vous savez, il vous aime vraiment !
- vraiment ?!
- vraiment ! Mais je crois qu'il va avoir un choc en retrouvant la maison.
- ça je veux bien le croire, en fait j'ai fais des bêtises... Tant pis, au moins il saura à quoi s'en tenir si l'envie lui prenait de me quitter !








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mercredi 16 février 2011

Le rire du clown

Sur une photo prêtée par Gérard
découvrez son album insolite !

Tu peux bien me peindre
en rose et même geindre
sous ton camouflage
je garderai mon visage
même si mon masque s'efface
je laisserai ma trace
sous ta peinture étalée
je suis le rire retrouvé
rien ne m'arrachera
de cette pierre gravée

Tu peux bien me barbouiller
en rose et même me décimer
les enfants se souviendront
de ma face de poltron
ils reprendront en chœur
mes chants et mes couleurs
sous les couches de ton maquillage
je chanterai puisque je n'ai pas d'âge

Tu peux bien me recouvrir
en rose jusqu'à pourrir
je reviendrai quoiqu'il advienne
je suis le sang dans tes veines
je suis le cri de la liberté
tant que vivra l'humanité




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mardi 15 février 2011

L'équilibre

Acrylique 100 x 70

Après le chaos et l'enfer, il était temps de retrouver un peu de sérénité.

Tandis que mes camarades de l'atelier travaillent leur représentation du paradis, des restes de bleu et de vert sur une palette m'attirent. Tous les deux vibrent, je vois la mer, le flux et le reflux incessant des vagues. Je prends une grande toile, le plus grand format. J'aime le geste ample, je danse mes couleurs.

L'univers de deux mondes apparaît, imbriqué l'un dans l'autre. L'un n'existe que parce que l'autre existe et réciproquement, une sorte de Yin et Yang ou plus simplement le jour et la nuit. Les deux se nourrissent ensemble.

Les couleurs me plaisent, je vois l'immensité du temps et également la seconde vivante, celle de l'instant. Point d'orgue de l'équilibre entre ce qui a été et ce qui n'existe pas encore. L'équilibre ! Je cherche ma représentation de l'équilibre : un mouvement, une oscillation un peu comme la marche. L'équilibre tient par la répétition du mouvement et non dans l'instant où un pied est au sol et l'autre en l'air pour allonger le pas.


L'équilibre est un mouvement permanent
un balancier juste, en écho avec l'environnement




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lundi 14 février 2011

Partition


J'ai abandonné les clés
sur une note je me suis échappée
j'ai couru sur la portée
sans prendre garde aux croches
je suis tombée
de silences en soupirs
j'ai cherché ce désir
sans prendre une pause
je me suis élancée
au bas de la page
j'ai déchiré mon image
qui me brûlait
j'ai retrouvé ces mots
qui me manquaient,
et je me suis envolée.

Simples murmures 1981


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dimanche 13 février 2011

En vos mots : 200 !

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Sur une toile de Esperanza Leon Jiménez proposée 
par Lali le 6 février 2011
rubrique En vos mots
Pour participer, rendez-vous chaque dimanche chez Lali



pour la deux centième
elle rêve d'un jardin secret
en fleurs de poèmes 



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samedi 12 février 2011

Amants





sur le damier de ta peau
je goûte chaque jour
le fil de l'eau
rivière velours
tu glisses 
le long de mon amour

je loue ce moment
toujours
et jamais
amants
comme l'herbe épousée
sur la pierre de nos années


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vendredi 11 février 2011

Ma "divine comédie" : l'enfer


Acrylique 100 x 70

Suite de mes travaux sur le thème de la divine comédie 

Bien sûr je suis partie avec du rouge, l'image que nous avons de l'enfer dans notre inconscient collectif est représenté par les flammes, donc du rouge avec du noir, du jaune. Peu à peu la spirale est venue, comme un circuit infernal, une chute avec rien pour se retenir, et puis toujours ce rouge qui tournoie tellement vite qu'il devient incandescent d'où la lumière blanche. Au centre il n'y a rien. Mais l'enfer, ce n'est pas rien !

Comment représenter l'enfer, qu'est-ce qui est le plus insupportable pour moi ? Si je regarde en arrière, quels ont été les moments où je me suis sentie si mal que j'aurais pu penser être en enfer ? Le pinceau avance... Soudain, la spirale est arrêtée, une croix fait jour. Elle prend peu à peu de l'épaisseur, elle s'étoffe, elle envahit la spirale. Une croix noire auréolée d'or et de lumière.

L'enfer pour moi, ce sont les croyances entendues sur comment j'étais, les goûts que je pouvais avoir, mes capacités à, mes incompétences en... un enfer dans lequel chacun s'enferme. Un enfer au goût étrange de vérité. Puisque les autres disent que je suis ainsi, c'est que cela doit être vrai ! Ils savent eux, ils me connaissent !

L'enfer c'est croire que tout est déjà écrit.
L'enfer, c'est la réduction, la castration de nos possibles.

Sur le sujet, voir le billet Croire


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jeudi 10 février 2011

Roissy tricote !

  
à l'heure où je baille
Roissy tricote sa pelote
sans perdre une maille


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mercredi 9 février 2011

Si je suis


Si je suis
pleine et entière
disponible à moi
Si je suis là
pour que Je sois
alors 

Je me suis arrêtée pour prendre une photo. 
La lumière sur mon bureau était trop belle. Enfin , je ne sais pas ce que "trop" peut dire, on n'est jamais trop heureux, trop généreux... Alors je vais dire que la lumière était magique, unique à cet instant. Puis j'ai voulu reprendre mon inspiration, mais tel l'oiseau du matin elle était partie à tire-d'aile me laissant dans le cœur un  chant de bonheur.




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mardi 8 février 2011

La puissance du mandala


Mandala Prospérité
diamètre 33 cm
feutre, crayons aquarellables

Il suffit de quelques instants d'attention pour se rendre compte que notre environnement est rempli de mandala : Une planète, le soleil, un flocon de neige, une fleur, la coupe d'un arbre, un coquillage, une toile d'araignée, nos yeux, une cellule... la liste est sans fin. Nous sommes une composition de mandalas entourés de mandalas.

Les mandalas les plus anciens créés pas l'homme datent de l'homme de Néanderthal ! Dans tous les pays du monde, dans toutes les cultures et dans toutes les religions, on trouve des mandalas. L'homme ressent le besoin de vivre et de construire au sein de cette forme géométrique qu'est le cercle, symbole du l'univers et symbole du cycle de la vie.

Colorier un mandala est un voyage vers le centre, c'est à la fois une relaxation et une concentration. Celui qui colorie devient méditant et il ne fait plus qu'un avec l'objet de la méditation. Voyage vers le centre, voyage vers son centre. Le mental ne s'éparpille plus, il est unifié par la force centripète du dessin centré.

Contempler un mandala rassure, sécurise, apaise, relaxe. Ceci explique pourquoi on peut en trouver dans tous les lieux sacrés : vitraux en forme de rosace, structure d'une mosquée, temple de Teotihuacan, pyramide, tumulus, étoile de David, moulin à prière des bouddhistes tibétains...

Marcher, danser un mandala nous conforte dans notre être. Je suis un et ce un fait parti de l'univers. Labyrinthe végétal, danse en ronde en spirale, derviche...

Créer un mandala est plus que tout cela. C'est un véritable outil de développement personnel. Il permet d'avancer face à un blocage, une problématique, il permet d'aider à la réflexion par rapport à un souhait, un projet, une intention.




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lundi 7 février 2011

Belle italienne


Le hasard des rencontres sur la toile !
Je suis les créations de Cristina depuis quelques temps déjà.
Je suis admirative de ses photos, 
je ne vois plus ma vaisselle comme avant ! 
Les objets chantent sous son objectif !
Merci Cristina ! "Mon flair et ma sympathie" te remercient !!


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Souvenirs de libellule

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bulle
libellule
emmène-moi sur ton tulle
aile
étincelle
souviens toi de la Moselle
rire
chérir
j'aime ton souvenir
chante
géante
le temps de l'insouciante
bulle 
libellule
emporte-moi sur ton tulle
eau vive
festive
dans la lumière furtive




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dimanche 6 février 2011

Il est temps de jouer !








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samedi 5 février 2011

Etre seul


Dans l'imbroglio des voies
mais aussi :
dans l'imbroglio des voix
s'extraire quel qu'en soit le prix
de toute manière il en coûtera
parfois rencontrer un ami
fidèle
rare 
mais 
réel 
parfois
aimer partager avec les autres
 repartir pour trouver son chemin à soi
là aussi il en coûtera
se redresser seul sans appuis
tordant mais passionnant !
rester seul 
une heure
un jour
une saison
une éternité
et se dire qu'on est des milliards
à être seul




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vendredi 4 février 2011

Une ombre

Sur une photo prêtée par Pagenas
visiter sa galerie Captures

il croit parfois te voir
dans la foule du soir
le flot de souvenirs
tambourine sa tête
tes yeux ton sourire
ta gorge peut-être
instant suspendu
il espère ta venue
il connaît par cœur
les mots oubliés
de cet amour passé
les mots gris
qu'il croyait enfouis
chantent la rengaine
il les peindrait en rose
pour que tu reviennes

il croit parfois te voir
dans la foule du soir
mais tu n'es qu'une ombre
et déjà la nuit sombre



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jeudi 3 février 2011

Haïku chinois

Merci Gérard pour avoir retrouvé cette belle
dans votre très grand album de portrait !


Nouvel an chinois
qui du chat ou du lapin
dormira chez moi ?



Je complète mon billet de ce matin :
En astrologie chinoise, d'après un très vieux livre, nous entrerions dans l'année du lièvre. Et voilà que je découvre ici ou là, selon que la personne est d'origine chinoise ou vietnamienne ou... que cette année serait tantôt l'année du chat tantôt celle du lapin...
En tout cas dans la marmite, on ne fait pas la différence !


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mercredi 2 février 2011

Comptine apprivoisée

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la maison était en carton
pirouette cacahuète
l'escalier pire encore, était en papier
saperlipopette
j'ai dû bricoler
d'abord rafistoler
la maison sur des échasses
mais
patatras
tout est tombé à plat
j'ai couru après les constructeurs
étaient partis oiseaux fugueurs
alors deux solutions
prendre la poudre d'escampette
saperlipopette
ou jouer à recoller les morceaux
poil aux vieux os
me suis posée là sur les gravas
grands comme le bout du bras
j'ai compté mes doigts
ils étaient tous là
un, deux, trois
alors voilà
j'ai regardé encore une fois
le nid pas si douillet que ça
j'ai retrouvé mon nez
l'avion ne l'avait pas rattrapé
et m'en suis partie
cui-cui
chercher mon fil doré
pour le raccommoder
j'ai construit ma maison
en faisant attention
aux fondations
pour protéger mon croupion
rigolons, rigolons
mais ma maison
poil au menton
est en béton
mouton, mouton
tisse la laine
point de haine
fredaine
dondi dondaine
chante le chêne !

Merci Fifi et Odile !
pour retrouver les épisodes des resto du coeur 
gérés par Fifi et Odile, c'est ICI et LA !






vous allez fredonner cette comptine toute la journée, 
inutile de me remercier, ce fut un plaisir !

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mardi 1 février 2011

J'aime chez vous en janvier 2011





Une rubrique pour vous, pour vous dire combien j'ai été touchée par vos créations de ce mois. Je rends hommage ainsi à ce qui fait le charme des blogs : la diversité, la créativité, nos différences, le partage.



 


Est-ce mon regard sélectif... je ne sais pas,  toujours est-il que ce mois de janvier m'a semblé particulièrement féminin chez vous en préparant ce billet...

Les femmes sont des personnes rappelle Ann, Armando ne contredira pas puisqu'il met à l'honneur La reine de Saba et Colo raconte les jeux poétiques algériens. Avec Les Héphémères, la femme devient croqueuse, alors je suis Fabien sur les pas des courtisanes, belle Camille nous confie Isabelle C, Femmes fatales confirme Kenza, elles savent dire des mots de braise, n'est-ce pas Lali ? La princesse Dominicaine de Sylvie a certainement de jolis rêves, une ange passe devant Marie, mais ne te retourne pas rappelle Sylvaine ! "On ne ressemble qu'à ce qu'on fait" signe Pastelle avec une belle qui a décidé de prendre racine !
Les hommes leur rendent hommage : Gérard nous propose un beau portrait qui vient de Tunisie, Jeandler nous parle de séductionLeovi compose Aphrodite sensualité et Calusarus a été séduit par un visage sous le chapeau.

Les femmes ne sont jamais aussi belles que lorsqu'elles créent : Karine le montre avec Devinette, Voyages immobiles conte papier de soiTanette invente un luminaire, Chrys apprend aux enfants comment faire une carte de voeux, et Servanne nous conte petite laine ! Des lainages, il en faut pour prendre la route comme le racontent si bien Gballand et Fifi qui s'en va sur la route. Pendant ce temps Chris brode Au coeur, des joies feutrées et Christiane guette l'embryon de printemps. Les femmes sont souvent entre lumières et ombres, je choisis la composition de Cristina pour illustrer cet équilibre et cette magnifique danse de Claire Fo pour avoir le vent dans les voiles.

Il est temps de faire une pause, Flo me propose sa galette des rois, avec fève s'il vous plait ! Une petite dégustation au village de Saint Emilion ? Merci Noël, je ne me fais pas prier ! L'occasion de fêter des moments forts :  C'est l'avis dit JC, de tout cœur je lui souhaite de beaux moments et je le bise tout comme Gilles qui fête ses 6 ans et Olivier qui revient d'un désert SFR et quoi d'autres ?

Je continue ma route mais sans écart de conduite, Chri ! A l'image de Pierre qui garde son sang froid, je n'ai pas eu peur devant les abominables créatures de Blogoth, il faut dire que je venais de voir une apparition du soir du côté de chez Maïté et que j'étais encore sous le charme. Une brindille au bord de l'eau attrapée par Paule, un prunus mis en lumière par Ardéa, de quoi faire de nouveaux collages Pagenas ! En tout cas avec quelques minutes de jour en plus, Lafo confirme, le printemps se prépare.

Dominique H, pour ne pas me retrouver à côté de la plaque, je revendique comme Ötli, le droit à la paresse, Dominique A confirme aussi de la nécessité, vitale, de perdre son temps alors il ne me reste plus qu'à refermer cette revue et à vous souhaiter un joli mois de février !

Un grand bonjour aussi à ceux que je vais visiter régulièrement : Brigetoun, Michel. Les subtilités techniques de certains blogs ne me permettent pas de pointer un billet, mais peu importe, Avignon vue par eux, a beaucoup de charme...

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