vendredi 30 mars 2012

Au plus près de soi

.

Auto portrait fait à l'âge de 10 ans



Il y a longtemps, je m'en souviens bien, j'étais petite, j'ai fait un rêve ou peut-être étais-je dans un rêve alors cela veut dire que je n'existais pas et que mon cœur attendait quelque part de me trouver pour que je sois, il y a longtemps donc, ce rêve empli de lumière, d'amour et de gratitude ; les bras s'arrondissent pour prendre au plus près de soi les cœurs tristes et apeurés, les cheveux s'allongent pour enlacer nouer et dénouer les perles d'amour, les rubans d’espérance brillent et dansent dans le ciel.
Il y a longtemps dans mon cœur de petite fille, bien avant que, oui, bien avant. Il y a longtemps mais je sens aujourd'hui cette fraîcheur et cette joie souveraine, la joie de l'enfant. Il n'y a plus de temps à perdre désormais, je glisse dans la vie avec ce flot d'amour à être.





.

mardi 20 mars 2012

Au printemps qui s'en vient


Bien sûr qu'il y a des horreurs, des crimes abominables, des accidents incompréhensibles, et puis aussi des guerres sans fin, des guerres qu'il serait bon (parait-il) de ne pas trop parler, et puis encore et toujours la misère ici ou là-bas, les injustices (jamais les pauvres n'ont été aussi pauvres et les riches si riches), et puis aussi cette planète qui se meurt peu à peu étouffée par nos déchets, ce qui se passe là-bas en dehors de nos frontières est aussi chez nous, la terre vit d'un seul tenant tout comme un corps, ... Bien sûr...



Et pourtant le jour se lève aujourd'hui sur le printemps.
Ce printemps nous tend une espérance
être le temps de ce printemps
un être de vie
souffle de liberté
amour d'un temps
fleur offerte au renouveau
je veux croire
au printemps qui s'en vient.




.

dimanche 18 mars 2012

Je choisis l'allégeance




Lac de Viviane en forêt de Brocéliande
printemps 2008


Bien plus que la gratitude, plus fort que l'amour (si tant est que cela soit possible), l'allégeance m'est proposée, alors je choisis.

Je choisis de porter allégeance. 
Je pars au combat sans arme, 
nue, parce qu'un tel destin se vit pas à pas sur le chemin du quotidien. 
Je n'ai plus peur depuis longtemps puisque j'ai retrouvé mon âme.


Allégeance, ce mot résonne dans ma poitrine, comme un bouclier. Ma colonne s'étire et grandit mon être, je porte allégeance pour la vie en moi, Je ne suis plus errante en quête de patrie, je suis ce que je veux être. Lumière d'espérance, flamme de vie, je porte le drapeau de l'émotion, de la joie, de l'abondance et de l'instant.

Allégeance, je suis ton chevalier.





.

mardi 13 mars 2012

Au delà




Au delà de mon histoire
poussière de craie
sur le tableau noir
l'expire d'un secret

Au delà de mes souvenirs,
violence des mots
saignée sur un rire
quête d'un repos

Au delà de ce lit
brodé aux initiales
empreinte fatale
morsure sans répit

Mais au delà d'hier
absence sur mes pas
emporte la poussière
je ne me retourne pas

Et au delà de mes mains
plus loin que mes bras
et bien plus encore,
là où je ne me connais pas




.

jeudi 8 mars 2012

Ah Victor, si tu savais...





Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c'est
le mouvement perpétuel ; mais hélas !
cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise de pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toues les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde,
d'un homme médiocre échappé.



Victor Hugo dans "Napoléon, le petit"




.

lundi 5 mars 2012

Je ne suis pas un robot





Je décide de libérer ma mémoire de tous mes mots de passe, identifiants, comptes utilisateurs et vérificateurs. Je vais finir par avoir un problème d'identité à force de décliner mon identité. J'ai entendu cela dernièrement en formation : La force d'une identité se mesure à la capacité d'une entité à rester à id (id : égale à elle-même). Je décline mon identité ici ou quand je papillonne chez vous mais après vérification, je confesse que je peine sur les vérificateurs de mots. Je prouve que je ne suis pas un robot...

Je reste id sans aucun doute mais en perpétuelle mutation. De nouvelles pousses voient le jour avec ce printemps naissant je les sens qui germent de moi, je dois les laisser croître mais cela n'est possible qu'en me débarrassant des vieilles habitudes, en coupant les bois morts pour faire de la place au renouveau. Après vérification, je reste id sans aucun doute, c'est toujours moi sous cette croûte.

Une étape encore, une de plus.

Longtemps j'ai attendu cette phrase, je l'ai mendiée, suppliée en silence. J'aurai tout fait pour entendre ces mots de ta bouche ou de la sienne, peu importe mais au moins de l'un de vous deux. Je me suis trahie pour cette phrase, oui, je me suis trahie, j'ai renoncé pendant des années à moi, rien que pour vous, pour entendre ne serait-ce qu'une fois "je suis fier de toi". Ce n'était pas un "je t'aime" que j'attendais, du reste il n'existait pas dans votre bouche ni dans votre cœur. Avec ce "je suis fier de toi", je sens que je me serai sentie forte, invincible, Game over sur la souffrance, j'aurai survécu à tout.

C'est en te serrant dans mes bras, plus près de mon cœur encore une fois, que j'ai mesuré combien cette phrase pouvait faire pousser des ailes. Je suis fière de toi mon fils, mes pensées, mon amour t'accompagne où que tu sois, va, hume l'air du vent, observe et envole-toi, ton chemin est à la mesure de tes rêves. Merci à toi de me permettre de dire Je suis fière de toi.

Mes doigts s'agitent frénétiquement, ils veulent terminer un ouvrage commencé il y a longtemps, une sorte de tissage qui n'en finissait pas de finir. Mais voilà qu'il devient urgent d'achever ce travail, je rassemble tous les carrés de couleurs, le compte est bon, ma pièce se termine, bientôt quel que soit le temps, je serai protégée sous ma couverture.





.



samedi 3 mars 2012

Celle-là, je ne l'avais jamais entendue !



Je te la raconte parce que j'ai halluciné hier au téléphone... Non je recommence dans un autre style parce que déjà là, je suis décalquée, archivée. On ne raconte plus maintenant on calcule !

Hier, j'étais au téléphone avec Les Pages Couleurs pour renouveler mon abonnement. L'année dernière, j'avais eu une interlocutrice ab so lu ment charmante et de plus très efficace ! Elle m'avait même rappelée dans le courant de l'année pour m'indiquer comment consulter mes statistiques, bref une perle dotée d'un accent du sud joyeux et chantant ! Cette année, ma charmante interlocutrice a disparu et j'ai un jeune homme au bout du fil excité comme un supporter du PSG qui aurait loupé son bus pour le match du siècle, le match de sa vie. Je suis obligée de lui demander de parler plus lentement car je n'arrive pas à le comprendre, puis comme il doit avoir plusieurs lignes sur le feu, il me laisse de côté, mais la communication coupe. 

Nostalgique, je rappelle mon ancienne interlocutrice. En composant son numéro avec l'indicatif 04 je suis déjà dans le TGV direction le Sud. L’hôtesse me dit que non elle n'est pas joignable mais me demande l'objet de mon appel, j'explique ma surprise de ne plus avoir à faire à elle, si charmante et si serviable, l’hôtesse m'explique le changement d'organisation, me dit qu'elle transmettra mon message et que certainement cela fera plaisir. Je raccroche pour rappeler la pile électrique : il est de plus en plus énervé car il veut un prélèvement mensuel dès maintenant et non à partir de la date de renouvellement de mon contrat qui est en juillet. Son ton monte, je lui demande de se calmer. "oh madame vous me traitez là, je connais mon métier je suis commercial..." Tout en me parlant il harangue un collègue pour demander si Ça le fait de décaler, le collègue calmement lui explique qui oui bien sûr puisque mon contrat ne démarre qu'en juillet. La pile électrique se calme, c'est bientôt l'heure de la sortie, et puis demain c'est le week-end...




.

jeudi 1 mars 2012

En chemin







J'ai toujours aimé les photos prises en chemin. Voir un chemin c'est déjà être sur le chemin. 
Je l'imagine offert à mes pas et à ma rêverie. 

En retour je lui offre mon regard gourmand et curieux pour l'infinité des mondes qu'il me tend. Je m'imagine pèlerin du monde foulant le pas de mes ancêtres, enfant de l'univers émerveillé d'être, femme féconde ouverte à la vie. Je suis invitée sur ce chemin, je ne fais que passer. Rien de ma personne subsistera, par contre chaque brindille se souviendra de mes pas, chaque fougère regardée saura ma tendresse pour elle. Je ne fais que passer et pourtant tout se souviendra de moi, si...


Mon pas dans le présent résonne
autant que mon cœur se donne



.